Airbus veut aussi proposer des lanceurs spatiaux réutilisables

Dans le but de réduire les coûts, SpaceX tente de récupérer le premier étage de son lanceur. Airbus compte aussi proposer des lanceurs spatiaux réutilisables.

On dit souvent que l’argent est le nerf de la guerre. C’est d’autant plus vrai au niveau de l’espace où les sommes engagées sont astronomiques. C’est justement dans l’idée de réduire les coûts de lancement que l’entreprise américaine SpaceX a déjà fait plusieurs tentatives de récupérer le premier étage de son lanceur.

Début juin, cela a été au tour d’Airbus de présenter ses concepts de lanceurs spatiaux réutilisables. À la différence de SpaceX, le groupe européen envisage une approche totalement différente.

Un lanceur se compose d’un premier étage principal et d’un étage supérieur. De fait, en termes de réutilisabilité, il existe deux voies, celles de récupérer le premier étage, ce que tente SpaceX, ou celle de réutiliser l’étage supérieur.

Dans le plus grand secret, Airbus a développé deux concepts : « Adeline » et « Space Tugs ».

« Adeline » (« ADvanced Expendable Launcher with INnovative engine Economy ») vise à réutiliser le premier étage. Le dispositif se présente comme un empennage pour la base du lanceur, avec de petites ailes et des turbopropulseurs dont les hélices peuvent se déployer. L’idée n’est pas de tout récupérer, mais de « récupérer la baie propulsive et le moteur », ce qui représente 80% de la valeur du lanceur.

« Pour la réutilisation de l’étage principal, on fait revenir les morceaux les plus coûteux et on essaie de faire en sorte que ce qui revient coûte beaucoup moins cher à remettre en état de vol que d’en faire de nouveau », explique François Auque, le directeur de la branche spatiale d’Airbus Defence and Space.

« Space Tugs » ambitionne de réutiliser l’étage supérieur. Comme il est très compliqué, donc cher, de faire revenir cet étage, l’idée serait justement de ne pas le faire revenir…de la parquer sur une sorte de parking spatial et de le réutiliser à partir de là. L’étage supérieur serait positionné à environ 1000 km d’altitude et serait ravitaillé par les lanceurs suivants, tant en fluide propulseur qu’en satellites.

Alors que les enjeux sont considérables, tant financiers que techniques, il faut en plus faire la course avec SpaceX qui est déjà en train de tester sa solution. Selon Airbus, ses solutions pourraient permettre des gains de l’ordre de 30% sur le coût d’exploitation d’un lanceur.

« Ces deux solutions sont indépendantes et adaptables à Ariane 6 », fait remarquer François Auque. « Elles ne seront opérationnelles qu’après 2020, une fois qu’Ariane 6 volera […] 2025 me paraît ambitieux ».

À titre de comparaison, le dispositif de SpaceX, pour faire décoller et atterrir le premier étage verticalement, fait perdre plus du tiers de la capacité de performance de son lanceur. 40 tonnes de carburant sont nécessaires pour récupérer le lanceur sur une barge en mer.

Avec « Space Tugs », qui permet un décollage vertical et un atterrissage horizontal tel un drone, l’impact sur les performances serait peu contraignant et la quantité de carburant nécessaire ne serait que de 2 tonnes pour faire revenir le module.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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