Des astronomes observent le repas d’un trou noir super-massif, une première

Les trous noirs sont des entités de l’Univers qui intriguent énormément les scientifiques. C’est pour cette raison que les astronomes cherchent à les observer d’une manière ou d’une autre, ce qui n’est pas évident vu qu’ils sont si massifs que leur gravité absorbe tout, y compris la lumière. C’est pour cette raison que la seule solution consiste à passer par le quasar, c’est-à-dire la lumière et l’énergie de la matière qui l’entoure, des éléments qui se retrouvent condensés et accélérés par la gravité du trou noir.

C’est en procédant de la sorte avec le puissant radiotélescope ALMA de l’Observatoire austral européen (ESO), installé sur le très haut plateau aride de l’Atacama au Chili, que des astronomes ont pu observer une pluie de gaz froids intergalactiques venant alimenter un trou noir super-massif. Cette observation n’est pas anodine du tout vu qu’il s’agit d’une première. C’est dans une galaxie située à un milliard d’années-lumière de la Terre que les scientifiques ont fait cette observation.

Cette observation est riche en enseignement. Elle permet par exemple que les trous noirs possèdent deux manières de s’alimenter. Comme le résume Michael MacDonald, de l’Institut Kavli d’astrophysique et de cosmologie (États-Unis) : « les trous noirs ont en fait deux façons de dîner, une lente et régulière, l’autre rapide et de courte durée ». Les conclusions découlant de cette étude viennent d’être publiées dans la revue Nature.

Alors que la théorie qui prévalait jusqu’à présent considérait que les trous noirs se nourrissaient lentement de gaz chauds et ionisés, qui s’échappent en spirale du disque de matériaux cosmiques en rotation des galaxies, l’observation faite par le radiotélescope ALMA démontre le contraire. « Là, nous avons détecté une pluie de gaz froids, venant de partout, de façon sphérique », explique Françoise Combes, astrophysicienne à l’Observatoire de Paris. « Cela pourrait expliquer pourquoi le noyau du trou noir est vraiment actif », ajoute-t-elle.

« Nous ne savons pas s’il n’y a qu’une partie de ce repas de gaz froid qui va finalement tomber dans le trou noir », souligne Megan Urry, de l’Université américaine de Yale. « Il est vraisemblable que ces gaz moléculaires vont aussi alimenter la formation d’étoiles », précise encore Françoise Combes.

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