Axelle Lemaire évoque la France numérique

Invitée du Buzz Média Orange-Le Figaro, la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire évoque la France numérique.

Axelle Lemaire était l’invitée du Buzz Média Orange-Le Figaro, l’occasion pour la secrétaire d’État au Numérique d’évoquer la France numérique d’aujourd’hui et de demain.

Alors que le plus grand salon de l’électronique grand public ouvre ses portes cette semaine à Las Vegas, Axelle Lemaire annonce qu’elle sera au CES 2015, en compagnie d’Emmanuel Macron. Il faut dire qu’avec 66 start-ups, la représentation française à ce salon est en hausse de 40% par rapport à l’année dernière. Preuve des capacités tricolores, la France est le deuxième pays le plus représenté, derrière les États-Unis et devant la Chine.

Ce CES 2015 est l’occasion pour Axelle Lemaire de souligner que « la France est très performante dans le domaine des objets connectés ». Pour preuve, Withings pour sa montre connectée et son système de domotique intégré, Lima pour sa caméra haute définition 360 degrés Giroptic, Cityzen Sciences pour son tee-shirt connecté et Voxtok pour sa solution d’écoute de musique en audio capsule, recevront des trophées de l’innovation, des « CES Awards ».

La secrétaire d’État au Numérique Axelle souligne que « si la France a raté le train des grandes plateformes Over the top comme Google, Netflix ou Amazon, elle est à la pointe sur les objets connectés grâce à des acteurs performants » en précisant : « dans ce domaine, nous pouvons nous appuyer sur nos compétences industrielles issues de la robotique, des mathématiques ou des nanotechnologies, alliées a des atouts en matière de design et d’ingénierie ».

Bien que la France dispose d’atouts, tout n’est pas simple. « Tous les pays européens rencontrent la problématique du financement nécessaire pour aider les start-ups à atteindre le statut d’entreprises de dimension internationale. Cela s’explique par le fait que les marchés européens ne sont pas assez intégrés. Le marché américain offre accès à 320 millions de consommateurs ». Elle précise : « Il faut encourager l’accès aux commandes, publics comme privés, et favoriser le financement à tous les stades […] Nous travaillons sur toute cette chaîne du financement ».

Abordant une autre thématique, celle des plateformes internationales géantes telles que Google, Axelle Lemaire souligne qu’« Il y a des sujets communs qui font l’objet d’un consensus, comme l’optimisation fiscale de ces plateformes qui est dénoncée par l’ensemble des pays européens. […] La question de la protection des données personnelles avance aussi ». Elle ajoute que « l’Europe devrait se mettre d’accord sur un règlement communautaire concernant les données personnelles. Toutefois, la question de la concurrence pose problème. Le droit classique de la concurrence parvient mal à appréhender la question du quasi-monopole de certains acteurs ayant une position dominante sur des segments essentiels, comme l’accès à l’information ou aux services numériques. Il y a une demande de transparence sur les comportements de ces plateformes qui ont pratiquement droit de vie ou de mort sur les entreprises dépendantes de leurs services ». À ce sujet, elle préciser que son avis est que « C’est au niveau de Bruxelles que l’on doit peser pour avoir une stratégie défensive, mais aussi offensive ».

Alors que la Grande-Bretagne a décidé de surtaxer les profits virtuels de Google, la secrétaire d’État au Numérique met en évidence qu’« Il serait bien de parler d’une voix commune au niveau européen […] Il y a des pays européens qui n’ont toujours pas joué le jeu de l’harmonisation fiscale ». Elle ajoute : « Si on veut avoir une vision commune, il faut que l’ensemble des pays rapproche leurs systèmes fiscaux. Dans les instances internationales, le gouvernement français est à l’initiative sur ce sujet, et il est désormais rejoint par l’Allemagne et les États-Unis ».

Axelle Lemaire aborde également sa loi numérique prévue pour en avril. À ce sujet, elle explique que « les technologies ont beaucoup évolué » depuis la dernière loi numérique date de 2004, qu’il est nécessaire de l’adapter, y compris celle de 1978 sur l’informatique et les libertés. Elle explique que de nombreuses questions doivent être traitées, comme « faut-il un droit à l’oubli pour les mineurs ? » ou « faut-il que nos données personnelles soient portables ? ». Alors que l’enjeu de cette loi sera qu’elle soit un équilibre entre protection et innovation. Elle souligne que la démarche de cette loi est innovante vu qu’elle s’appuie sur une large concertation publique auprès des citoyens. « À ce jour, plus de 2 000 contributions ont été reçues qui émanent de personnes privées ou d’associations professionnelles », précise-t-elle.

Pour finir, la secrétaire d’État au Numérique considère « qu’il y ait une différence de prix entre une connexion très haut débit et une connexion haut débit me paraît normal » lorsqu’on l’interroge au sujet des consommateurs qui devront vont payer la facture du déploiement du très haut débit. « Cela a un coût. Ce projet d’investissement très ambitieux, qui doit donner à la France quatre à cinq ans d’avance en Europe et permettre à nos services publics et à nos entreprises d’être plus compétitifs, engage ainsi des investissements à hauteur de 20 milliards d’euros partagés entre l’État, les collectivités et les opérateurs de télécommunications. L’État veillera à ce que ces investissements ne soient pas le prétexte à une hausse des prix ». Elle précise par ailleurs qu’il faut également avancer sur la question de faire supporter une partie de l’investissement dans la construction des réseaux par les plateformes qui utilisent ces infrastructures, par exemple Netflix.

En résumé, on retient qu’Axelle Lemaire croit dans la France numérique de demain.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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