Beagle 2 : il faut réécrire l’histoire

La découverte de la sonde Beagle 2, 12 ans après sa mystérieuse disparition, va obliger à réécrire l’histoire de l’exploration martienne.

C’est par une image granuleuse de la NASA que l’on peut découvrir la sonde britannique Beagle 2 posée sur Mars, une représentation de quelques pixels de large posée à 5 kilomètres de son site d’atterrissage prévu.

Bien qu’imprécise, cette image prise par le Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) de la NASA lève le voile sur un mystère vieux de 12 ans, à savoir ce qu’il était advenu de Beagle 2. Alors que la sonde britannique devait se poser le jour de Noël 2003, elle n’a plus jamais pris contact. « Nous avons vu un objet étincelant », explique le Dr John Bridges, « C’était clairement un objet fabriqué ».

Les images montrent que la sonde s’est bel et bien posée, mais aussi qu’elle a commencé à se déployer. Il semblerait qu’un seul moteur défectueux ait empêché de déploiement de certains panneaux solaires, ce qui était nécessaire au dépliement de l’antenne radio. C’est peut-être un rebond malchanceux qui pourrait aussi avoir déformé la sonde, empêchant ainsi son ouverture correcte.

« C’est comme laisser tomber une boîte de conserve de fèves au lard, elle se cabosse. Ouvrir ensuite son couvercle n’est pas facile. C’était juste de la malchance ce jour-là », confie le Professeur Mark Sims, de l’Université de Leicester, le responsable de la mission de Beagle 2.

Alors que le Colin Pillinger était l’instigateur de ce projet, il est mort l’année dernière, d’une hémorragie cérébrale, sans connaitre le fin mot de l’histoire de Beagle 2. Sa veuve Judith a déclaré que son scientifique de mari aurait été heureux d’apprendre que son projet « avait frappé la barre transversale plutôt que manquer complètement l’objectif ». Elle ajoute : « S’il avait su que l’équipe a été aussi proche de réussir, il aurait certainement tout fait pour rebondir avec une sonde Beagle 3 et continuer les expériences pour répondre aux questions sur la vie sur Mars ».

Alors qu’on pensait précédemment que la sonde s’était écrasée à l’atterrissage, le Dr David Paker, directeur général de l’Agence spatiale britannique, déclare : « Beagle 2 est beaucoup plus un succès que nous ne le pensions. Les livres d’histoire doivent être légèrement réécrits pour dire que Beagle-2 a atterri le jour de Noël 2003 ».

Le Prof Sims ajoute : « Tous les jours Noël depuis 2003, je me suis demandé ce qui était arrivé à Beagle-2. Pour être franc, j’avais pratiquement abandonné l’espoir de savoir ce qui s’était passé. Les images montrent que nous étions si près de réaliser notre objectif scientifique sur Mars. Les images font valoir tous les efforts entrepris par beaucoup de gens et d’entreprises du Royaume-Uni et de toute l’Europe ».

La découverte que Beagle 2 s’est bel et bien posée fait également taire toutes les critiques qui avaient visé la mission, comme le manque de tests avant son lancement ou le manque de fiabilité de son système d’atterrissage. Alors que la sonde avait plongé dans l’atmosphère martienne à plus de 12 000 km/h, il était estimé qu’elle avait brûlé lors de cette rentrée ou raté son atterrissage comme c’était arrivé lors des essais lorsque les coussins gonflables censés amortir la chute étaient sortis à un moment inopportun.

Shusanah Pillinger, la fille du professeur Pillinger, s’est pour sa part déclarée heureuse que son père soit en mesure de « défier les critiques qui affirmaient que Beagle 2 était un échec ». « Il aurait aimé être à nouveau dans l’actualité. Il aurait été ravi que cela puisse inspirer la prochaine génération à faire le Beagle 3 ».

Le Prof Sims déclare encore : « Personnellement, je dirais que Beagle 2 a été un grand succès ». Il ajoute : « Le Royaume-Uni pourrait retourner vers Mars. […] Colin aurait été heureux, mais serait très frustré ».

Pour rappel, la sonde Beagle 2 a été baptisée de la sorte en souvenir du HMS Beagle, le navire de l’expédition de Charles Darwin.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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