Comment expliquer l’oxygène découvert par la sonde Rosetta ?

En étudiant la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, la sonde européenne Rosetta à découvert un taux anormalement élevé d’oxygène. Comment expliquer cette présence ?

Depuis que la sonde européenne Rosetta est arrivée à proximité de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, elle nous a déjà fourni de très nombreuses données, des informations qui font bien évidemment le bonheur de toute la communauté scientifique. Et justement, l’une des dernières découvertes est une grosse surprise.

S’il était prévu que de l’oxygène soit découvert dans la comète de Tchouri, il n’était pas contre-pas prévu que sa présence soit si élevée. Le taux est d’ailleurs si élevé que les scientifiques ont de la peine à expliquer sa présence.

Pour l’heure, aucune explication scientifique n’explique la présence de cet oxygène O2 détecté. Trois hypothèses ont été posées, dont deux qui ont pour le moment les faveurs de la cote.

De l’oxygène piégé avant la formation de la comète

La première théorie, celle des auteurs de l’article paru dans la revue Nature, est que l’oxygène en question aurait pu être piégé avant la formation de la comète, c’est-à-dire il y a 4,6 milliards d’années, soit approximativement au moment de la création de notre système solaire.

« Il est possible que les grains de poussière de la comète proviennent du nuage ayant donné naissance au système solaire », explique Fabienne Casoli, astronome au CNES.

Cette explication s’appuie sur le fait que la comète est en fait le résultat d’une agrégation de nombreux petits grains de glaces et de poussières, et que l’oxygène aurait pu y être piégé depuis ce qu’on appelle les nuages interstellaires, par exemple la nébuleuse d’Orion.

Comme cet oxygène O2 pourrait même être plus ancien que notre système solaire, il est appelé « oxygène primordial », explique André Bieler, coauteur de l’étude.

Cette première théorie possède une probabilité 60% d’être vraie.

De l’oxygène formé par radiolyse

Avec 39% de probabilité d’être vraie, la seconde hypothèse semble aussi parfaitement plausible pour les scientifiques.

Cette seconde explication part du principe que « c’est le rayonnement solaire qui casse les molécules », explique Olivier Mousis, un autre coauteur de l’étude. En clair, il s’agirait d’un phénomène de radiolyse qui aurait permis à cet oxygène d’être créé à partir des molécules d’eau gelée dans les premiers instants de la vie de la comète.

« On n’est pas sûrs que les conditions de température et de rayonnement à bord de la comète soient compatibles avec ça », souligne Fabienne Casoli.

Pour Olivier Mousis, cette explication est plus probable que la première : « On a vu que dans la comète il n’y a pas d’azote. Ou très peu. Pour l’expliquer, il faut que la comète se soit formée au-dessus de la température de piégeage de l’azote dans la glace. Or l’oxygène est un élément qui se piège comme l’azote. Donc on ne peut pas dire qu’avec le rayonnement, l’azote est parti, mais pas l’oxygène. C’est antinomique ».

La source de cet oxygène est encore inconnue

Une troisième hypothèse serait que cet oxygène ait été apporté par un élément extérieur, inconnu, imprévisible, au cours de la vie de la comète, une explication qui ne rencontre que 1% de probabilité d’être vraie.

Tant Fabienne Casoli qu’Olivier Mousis sont unanimes sur cette théorie : « Non ! »

Alors, d’où provient réellement cet oxygène ?

Comme l’admet Fabienne Casoli, « La chimie de l’oxygène est relativement bien connue, mais c’est difficile de prédire des choses définitives. Il y a quelques mois, on aurait dit des choses fausses sur la présence d’oxygène sur la comète. On est là pour trouver des éléments qui bouleversent nos certitudes. »

En clair, la question de savoir d’où provient l’oxygène de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, et peut-être aussi d’autres comètes n’a pas encore de réponse. En fait, cette non-réponse est tout l’intérêt de la recherche, plus particulièrement de l’exploration spatiale dans ce cas.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
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