Crise de l’industrie spatiale russe : les langues commencent à se délier

Les échecs de l’industrie spatiale russe ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les langues commencent à se délier en coulisses.

En 2011, une fusée Soyouz emportant un vaisseau cargo avait connu une défaillance. Elle s’était écrasée dans la région de l’Altaï, à la frontière mongole et chinoise. D’autres tentatives avortées de mise en orbite de satellites de communication où la perte d’une sonde envoyée vers un satellite de Mars avait fini par pousser la Russie à procéder à une refonte de son secteur spatial.

Cette réforme n’a pas empêché l’explosion au décollage d’une fusée Proton à l’été 2013, avec trois coûteux satellites Glonass à son bord.

La série noire pour l’industrie spatiale russe s’est même intensifiée ces dernières semaines avec la perte du vaisseau inhabité Progress M-27M censé ravitailler l’ISS. Après avoir perdu le contact avec la Terre peu de temps après son décollage, il s’est désintégré dans l’atmosphère le 8 mai.

Samedi dernier, environ huit minutes après son décollage, « une situation d’urgence a été constatée au niveau des moteurs du troisième étage de la fusée » Proton-M porteuse d’un satellite MexSat-1. Suite à cet accident, « le troisième étage, l’étage supérieur et le satellite ont presque totalement brûlé » a indiqué Roskosmos.

Toujours samedi, la panne de moteur du Progress M-26M amarré à la Station spatiale internationale (ISS) est un nouvel échec pour l’industrie spatiale russe. Heureusement, quarante-huit heures après un premier échec, le vaisseau a finalement réussi à mettre ses moteurs en marche pour corriger l’orbite de l’ISS afin de placer la station à l’altitude désirée pour permettre le retour sur Terre de trois membres de l’équipage de la Station début juin.

Le succès, à la seconde tentative, de cette manœuvre ne suffit bien évidemment pas à gommer tous les récents échecs.

La situation est d’ailleurs telle que le Premier ministre, Dmitri Medvedev, a exigé le nom des responsables, laissant clairement entendre que des têtes pourraient tomber.

La contrepartie à cette série noire, c’est que les langues commencent à se délier en coulisses. Dmitri Rogozine, le vice-Premier ministre russe, dénonce par exemple dans un communiqué que « cet accident est la conséquence d’une crise systémique dans l’industrie spatiale », promettant « des réformes fermes » et « structurelles ».

La presse russe se déchaine bien évidemment contre cette série de défaillance, soulignant l’absence de contrôle de qualité dans l’industrie spatiale, un domaine stratégique faisant historiquement la fierté du pays.

Iouri Karach, de l’Académie russe des cosmonautes, est plus critique en déclarant à une radio : « La crème de la crème ne va pas travailler dans le secteur spatial. Rien n’est fait pour attirer des spécialistes hautement qualifiés : les salaires sont bas et ce n’est pas très prestigieux d’y travailler ».

L’agence de presse russe Ria Novosti cite le député Valeri Gartoung, qui dirige la commission de l’industrie au Parlement russe : « Pendant 20 ans, le secteur n’a pas été financé et le personnel pas entraîné ».

Ces accusations ont démontré clairement le malaise dont souffre l’industrie spatiale russe.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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