Detekt : un logiciel contre la cybersurveillance des États

Il existe une solution face à la cybersurveillance des États : Detekt. Ce logiciel est notamment soutenu par Amnesty International.

Que vous font les États ? Est-ce qu’ils écoutent vos conversations Skype, récupèrent des documents sur votre disque dur, activent votre webcam à votre insu, lisent vos e-mails, etc. ? À l’instar des pratiques de la NSA, les logiciels espions sont devenus de véritables outils de surveillance, voire de répression de l’opposition politique dans certains pays. C’est ainsi que Nicolas Krameyer, responsable du programme Personnes en danger et Liberté d’expression chez Amnesty International, explique que « Le rêve de tout régime répressif qui devient réalité ».

Les logiciels espions, principalement développés par des pays occidentaux, représentent une menace grandissante pour les militants des droits de l’homme, les journalistes et les opposants politiques. « La menace n’est pas nouvelle, mais avec les outils numériques, on a une possibilité d’accès et de contrôle sur des espaces qui étaient jusqu’à maintenant totalement privés », surenchérit Nicolas Krameyer.

C’est dans ce contexte, en collaboration avec les organisations Digitale Gesellschaft, Electronic Frontier Foundation et Privacy International, que l’ONG Amnesty International a lancé Detekt, un outil permettant de détecter la présence de logiciels espions sur ordinateurs et téléphones mobiles.

Disponible pour le moment uniquement pour Windows, Detekt scanne l’ordinateur à la recherche de logiciels espions et informe son utilisateur sur la surveillance de ses communications électroniques.

Selon Claudio Garnieri, concepteur du logiciel Detekt, « Si on met un point rouge sur chaque pays qui utilise une telle technologie de surveillance ciblée sur une carte du monde, la vue est plutôt choquante ». C’est ainsi qu’Amnesty International publie une liste non exhaustive d’Etats ayant recours aux logiciels espions : le Bahreïn, le Maroc, les Émirats Arabes Unis, Oman, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, mais aussi des États démocratiques comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Australie ou le Mexique.

Alors que le marché des logiciels espions est plutôt opaque, Amnesty International a déjà reçu plusieurs retours, notamment de France, que leurs ordinateurs étaient infectés. Alors que plusieurs de ces logiciels sont connus, tel FinSpy développé par la société allemande FinFisher, l’ONG espère pouvoir déceler d’autres logiciels espions inconnus à ce jour.

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