Entreprise & emploi : pression sur les partenaires sociaux

Pas d’annonce de la part de François Hollande lors de ses vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi, mais une pression sur les partenaires sociaux.

En référence aux attaques terroristes qui ont récemment frappé la France, François Hollande a lié ses vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi à l’unité nationale. C’est de cette manière qu’il a par exemple déclaré : « La nation doit se retrouver aujourd’hui pour trouver la force économique qui lui permettra à la fois de peser sur la scène mondiale et d’offrir un avenir économique à chacun ».

Cette année, le Président de la République n’a pas fait de grandes annonces. Il s’est contenté d’énumérer tout ce qu’il avait fait pour relancer l’économie, que cela soit le pacte de responsabilité ou l’augmentation du crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE), sans oublier de rappeler que « l’État y consacre 40 milliards à l’horizon 2017, c’est une somme considérable au regard de l’état de nos finances publiques ».

En attendant que les réformes portent leurs fruits, François Hollande a rappelé qu’il comptait toujours sur un recours massif aux emplois aidés pour amortir le choc du chômage. 380 000 personnes seront concernées en 2015.

La montée chargée des « contrats de génération », qui encouragent l’embauche d’un jeune en entreprise avec le maintien d’un senior à son poste, devrait permettre l’embauche de 65 000 jeunes « éloignés de l’emploi » en contrats d’avenir, après 85 000 en 2014 et 100 000 en 2013.

Il n’a pas oublié non plus la montée chargée du service civique avec un objectif de 100 000 volontaires « le plus vite possible », puis 150 000 à l’horizon 2017, en incluant la formation, avec le nouveau compte personnel issu de la réforme de la formation professionnelle, et la relance promise de l’apprentissage.

Le chef de l’État s’est surtout longuement attaché à répondre aux critiques faites contre ses réformes qui ne vont pas assez vite. « Le dialogue social, c’est la méthode que j’ai choisie pour réformer notre pays […], j’ai considéré que c’était la bonne méthode, que ce n’était pas une perte de temps ». Il en a profité pour mettre la pression sur les partenaires sociaux afin qu’ils trouvent un accord sur le dialogue social malgré la persistance d’importantes divergences.

« C’est légitime que les réunions soient ardues et longues. […] Un échec aurait des conséquences qui iraient bien au-delà de cette seule réforme. Ne comptons pas sur le législateur pour traduire les vœux des uns et des autres sur ce qui n’aurait pas été conclu », déclare le Président. Il confirme au passage que les partenaires sociaux auront à renégocier sur l’assurance-chômage en 2016 avec des discussions qui doivent démarrer dès maintenant.

Face à l’enlisement du dialogue social et aux difficultés des partenaires sociaux à trouver un accord sur le dialogue social et les effets des seuils sociaux pour les entreprises, le chef de l’État annonce que la grande conférence sociale annuelle de l’été va être abandonnée au profit de discussions thématiques continues.

François Hollande n’a pas manqué non plus de souligner que, pour la première fois de son quinquennat, la prévision de croissance inscrite dans la loi de finances (1 %) sera atteinte, voire dépasser. Il bénéficie certes d’une conjoncture favorable avec un cours du pétrole au-dessous des 50 dollars, des taux d’intérêt historiquement bas et un euro en baisse sous l’impulsion de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Il le souligne lui-même, « d’autres facteurs peuvent venir briser ce cercle vertueux, comme la menace de déflation, les troubles géopolitiques ou encore le ralentissement de la croissance chinoise ». Comme c’est son habitude, il s’en est une nouvelle fois remis au bon vouloir de l’Union européenne : « L’Europe doit prendre plus d’initiatives, et surtout ne pas sanctionner la France pour ses finances publiques ! Les flexibilités prévues par le pacte doivent être entièrement utilisées pour trouver le bon rythme de réduction des déficits ».

Au final, les vœux de François Hollande n’apportent donc aucun élément nouveau.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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