Éthique : des chercheurs s’inquiètent de créer des bébés génétiquement modifiés

[VIDÉO] L’ingénierie génétique va bientôt permettre de modifier le génome de l’embryon pour les corriger, une technologie qui soulève de nombreuses questions, notamment d’ordre éthique.

En matière d’ingénierie génétique, la révolution a un nom : CRISPR-Cas9. Cette technologie, relativement simple et bon marché, utilise une enzyme pour découper un brin d’ADN dans le but de désactiver ou corriger un gène. S’appuyant sur des recherches faites dans les années 80, cette technique a été mise au point en 2012 par l’Américaine Jennifer Doudna et la Française Emmanuelle Charpentier.

Alors que cette technique n’a pour le moment servi que sur les souris et les singes, elle pourrait prochainement être aussi appliquée chez l’homme, ce qui inquiète plusieurs scientifiques.
C’est en effet un collectif de 18 chercheurs qui tire le signal d’alarme en dénonçant les implications éthiques et sociales sans précédent d’une telle technique. C’est pour cela que ces scientifiques appellent à la tenue d’un grand sommet et à l’imposition d’un moratoire des essais cliniques sur l’homme.

« Par le passé, c’était tellement compliqué que personne ne pouvait vraiment le faire. Nous voulons avertir les gens que c’est désormais facile », écrit le prix Nobel de médecine, David Baltimore.

« Nous avons le potentiel pour prendre le contrôle de notre destinée génétique, et cela pose un péril gigantesque pour l’humanité », explique le chercheur George Daley alors que le décodage du génome humain permet aux scientifiques de savoir désormais quelle séquence de l’ADN il faut chercher pour désactiver une maladie génétique, protéger d’un futur cancer ou de la maladie d’Alzheimer, doter le futur individu d’os plus solides ou de muscles plus développés, etc.

Le problème de ces manipulations génétiques, c’est qu’elles sont effectuées au niveau de la lignée germinale, c’est-à-dire à des cellules qui peuvent devenir des spermatozoïdes ou des ovocytes, donc se transmettre aux générations futures et devenir ainsi héréditaires.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

2 Commentaires

  1. D’accord avec Vlady, ce sont sûrement des « extrémistes  » religieux, ce qui n’empêche pas que c’est malgré tout la porte ouverte à une nouvelle forme d’eugénisme, et on sait que l’homme est capable des pire choses. Que les religieux sen mêlent ne me plaît pas pas du tout par contre…

  2. Il faut commencer par le b a ba, qui sont ces scientifiques ? Une toute petite poignée de la mouvance ultra religieuse. David Baltimore appartient à l’Académie des Sciences Pontificales, en bref au Vatican dont il est une sorte de « combattant » scientifique.
    Ces gens s’opposent à toute liberté individuelle au droit à disposer de son corps et à toute manipulation du génome même si c’est pour soigner. L’être humain, création divine ne doit pas être modifié, et doit une obéissance absolue à son créateur.
    Cette petite minorité de scientifiques ne reflète en rien le monde scientifique.

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