Un étrange reptile marin vieux de 250 millions d’années à la tête en marteau

L’Atopodentatus unicus est un reptile marin connu depuis 2014. Selon la première étude le concernant, il possédait une longue mâchoire composée de dents en forme de fermeture éclair et une tête en forme de bec de flamant rose. Ce qui a frappé Li Chun, coauteur d’une nouvelle étude à son sujet, c’est que la première conclusion semblait un peu « farfelue » pour la période triasique précoce.

Une explication à cette bizarrerie serait que la structure d’origine des fossiles ait été trop écrasée, ou mal conservée, ce qui aurait conduit à une mauvaise reconstruction de la tête de l’Atopodentatus unicus. C’est pour cette raison qu’une nouvelle étude a été faite par une équipe composée de chercheurs chinois, écossais et américains. Elle a été publiée dans la revue Science Advances.

Pour cette nouvelle étude, l’équipe s’est basée sur de nouveaux fossiles découverts en Chine. La paire de fossiles étudiés était « en meilleur état » a confié Nick Fraser, un expert sur les animaux du trias au National Museum of Scotland et coauteur de l’étude. Il précise qu’il comprend très bien comment les premiers paléontologistes sont arrivés à une mauvaise conclusion.

La nouvelle étude arrive donc à d’autres conclusions que la première, à savoir que la tête de l’Atopodentatus unicus avait en fait la forme d’un marteau. « Nous sommes certains que nous avons identifié correctement cet aspect particulier de l’animal », a ajouté Nick Fraser.

Le plus ancien reptile marin herbivore jamais découvert à ce jour

D’une longueur d’environ 3 mètres, l’Atopodentatus unicus est désormais le plus ancien reptile marin herbivore jamais découvert à ce jour. Alors qu’il vivait, il y a environ 250 millions d’années, il utilisait sa bouche en forme de marteau comme un aspirateur pour aspirer le sol sous-marin. Une première rangée de dents tranchantes raclait les plantes et algues alors qu’une seconde rangée, plus en profondeur dans la bouche, filtrait l’eau et gardait la nourriture.

Pour comprendre ce mécanisme, les scientifiques ont simplement utilisé de la pâte à modeler et des cure-dents. C’est en tentant de reconstruire la tête pour comprendre comment les mâchoires pouvaient se fermer que le déclic a eu lieu. « L’arrangement de la mâchoire est très inhabituel et nous avions besoin d’être sûr de l’hypothèse sur la façon dont la mâchoire de fermait », a expliqué Nick Fraser.

Une reconstruction en argile de son étrange bouche. (Olivier Rieppel/The Field Museum)
Une reconstruction en argile de son étrange bouche. (Olivier Rieppel/The Field Museum)

Comme les dents à l’arrière sont similaires à celles des dinosaures herbivores, les paléontologues sont arrivés à la conclusion que l’Atopodentatus unicus était aussi un herbivore bien que lui-même ne soit pas un dinosaure. Ceux-ci arriveront plusieurs millions d’années plus tard.

Un survivant à l’extinction permienne

Il est à souligner que l’animal a vécu après l’extinction permienne survenue il y a environ 252 millions d’années, une extinction qui a fait disparaitre plus de 90 % des espèces qui vivaient à l’époque sur Terre. Sa cause n’est pas exactement connue. La théorie dit que ce phénomène a provoqué une augmentation importante de la température à la surface de notre planète, un épisode qui aurait duré près de 5 millions d’années. Cela signifie que l’Atopodentatus unicus n’a eu besoin que de ce temps pour faire son apparition, ce qui est très impressionnant.

Une vue d'artiste du Atopodentatus unicus. (Y. Chen/ Institut de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie)
Une vue d’artiste du Atopodentatus unicus. (Y. Chen/ Institut de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie)

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
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