ExoMars 2016 vient d’entamer son long voyage vers Mars

C’est ce lundi 14 mars 2016, à 10h31 (heure de Paris), qu’une fusée russe Proton a décollé du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Le lanceur embarquait deux passagers, la sonde détectrice de gaz Trace Gas Orbiter (TGO) et l’atterrisseur Schiaparelli. Ce lancement marque le début d’un long voyage vers Mars qui va durer sept mois.

Ce décollage réussi est de bon augure pour la mission d’exploration martienne ExoMars. Initiée par l’Agence spatiale européenne (ESA) au début des années 2000, elle a subi de nombreux contretemps, des retards essentiellement liés à des questions de gros sous. Pour boucler le budget, ExoMars 2016 est désormais une mission conjointe entre l’Europe et la Russie.

En prévision de la mission ExoMars 2018, qui devrait plutôt décoller en 2020, l’atterrisseur Schiaparelli doit apprendre à l’Europe à atterrir sur la planète Mars. La prochaine mission prévoit en effet l’atterrissage d’un robot mobile capable de forer le sol de la planète rouge. L’atterrisseur est également équipé de plusieurs instruments scientifiques qui permettront de mesurer la pression atmosphérique, la température, le taux d’humidité, le vent et quantification ou encore de quantifier la poussière en suspension. Grâce à son MicroARES (Atmospheric Radiation and Electricity Sensor), il analysera aussi l’activité électrique à la surface de Mars, une première.

La mission de la sonde TGO est aussi liée à ce robot mobile. En étant en orbite, elle servira tout d’abord de relais pour les communications entre les engins posés à la surface de la planète et la Terre. De plus, son rôle sera de percer les secrets du méthane présent sur Mars. Pourquoi cet intérêt ? Parce que le méthane, ou CH4, est souvent intimement lié à la vie. Surtout, vu que la présence du méthane sur Mars semble très aléatoire, il va aussi s’agir d’être plus rigoureux au sujet de sa présence.

« Le niveau nécessaire pour que ces deux spectromètres détectent la présence d’un gaz, quel qu’il soit, dans l’atmosphère martienne devrait être abaissé d’un facteur 100 par rapport à tout ce qui a été fait auparavant », explique Franck Montmessin, le responsable scientifique de l’instrument.

Représentation artistique de la sonde TGO en orbite autour de la planète rouge. © ESA
Représentation artistique de la sonde TGO en orbite autour de la planète rouge. © ESA

« Jusqu’ici, les sondes qui observent Mars étaient placées sur des orbites héliosynchrones. Ce qui signifie qu’elles observent la surface de la planète à une heure bien particulière, toujours la même. C’est très bien pour faire une cartographie puisqu’on obtient des conditions d’éclairement homogènes. En revanche, cela empêche d’étudier toute dynamique journalière », explique Antoine Pommerol, planétologue de l’Institut de physique de l’université de Berne. « La sonde d’ExoMars 2016 ne sera pas placée sur ce type d’orbite et va, par conséquent, nous permettre d’observer la planète rouge à différentes heures locales », a-t-il ajouté.

Grâce à ses spectromètres (NOMAD et ACS), TGO pourra détecter les traces de gaz présentes à un point et à une heure donnée. Elle pourra aussi prendre des images grâce à l’imageur haute définition (CaSSIS), ce qui fournira un contexte géologique à la mesure.

ExoMars 2016 sera aussi sur la piste de l’eau

CaSSIS est une caméra qui a été spécialement optimisée pour prendre des images le matin et le soir, lorsque l’atmosphère de Mars contient des pics d’humidité relative. L’idée est de profiter de ces instants pour rechercher des traces d’eau vu que c’est à ces moments que les sels ou autres composés chimiques présents en surface peuvent absorber l’eau atmosphérique et passer à l’état de saumure. Pour suivre la trace de l’eau, TGO va utiliser l’instrument FREND (Fine Resolution Epithermal Neutron Detector).

Maintenant que TGO et Schiaparelli viennent de décoller de Baïkonour, ils sont en route pour Mars. Le voyage va durer sept mois. Selon le planning actuel, l’arrivée est prévue pour octobre 2016. Le 19 octobre, il est prévu que la capsule Schiaparelli atterrisse dans la région de Meridiani Planum, le même endroit où s’était posé le robot Opportunity en 2004. Il mettra 3 jours à atterrir, tout d’abord en chute libre, puis en activant ses systèmes de freinage.

Représentation artistique de l'atterrisseur Schiaparelli posé à la surface de Mars. © ESA
Représentation artistique de l’atterrisseur Schiaparelli posé à la surface de Mars. © ESA

Votes
[Total : 0 votes en moyenne : 0]
PARTAGER
Article précédentDes photos confirment l’absence de prise jack sur l’iPhone 7
Article suivantLes trésors de l’archéologie syrienne se visitent en ligne et en 3D

Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here