Facebook traque tout le monde !

S’il semble logique que Facebook épie les habitudes de ses utilisateurs, ça l’est moins pour ceux qui ne le sont pas. Une pratique qui serait même illégale en Europe.

En vertu de ses conditions d’utilisation, un utilisateur de Facebook ne peut pas forcément empêcher le réseau social d’épier ses habitudes de surf. Le problème, c’est qu’un rapport belge démontre que Facebook traque également les habitudes des internautes qui ne sont pas inscrits sur le réseau social. Pour autant que cela s’avère vrai, cette pratique pourrait être illégale en regard des lois européennes sur la protection de la vie privée.

Selon ce rapport, Facebook utiliserait des cookies liés au fameux bouton « like » présent sur plus de 13 millions de sites. Là où cela devient problématique, c’est qu’il n’est pas nécessaire de cliquer sur le bouton pour que le cookie associé collecte des informations sur l’utilisateur.

« Nous nous sommes aussi intéressés aux non-utilisateurs et avons constaté que, dans certains cas, ils étaient pistés aussi », a expliqué Rob Heyman, coauteur du rapport et membre du Centre de recherche sur les nouvelles technologies de l’Université libre de Bruxelles.

Les chercheurs précisent que grâce à ce cookie, Facebook peut savoir ce que les utilisateurs consultent en ligne.

Les réfractaires aux cookies peuvent utiliser le site de l’Alliance européenne pour la publicité digitale pour indiquer qu’ils ne veulent pas de cookies. « Ce site permet de refuser en bloc les cookies d’un grand nombre de services en ligne et lorsqu’on le fait, Facebook installe aussi son propre cookie qui reste sur l’ordinateur pendant deux ans », explique Rob Heyman. C’est ainsi qu’un internaute non inscrit sur Facebook peut en fait être pisté durant deux ans. Le chercheur d’étonne par ailleurs que « ce cookie n’existe pas sur l’équivalent américain de l’Alliance pour la publicité digitale et qu’il n’est, par conséquent, pas fondamental au bon fonctionnement de Facebook ». En fait, seules les internautes européennes ont droit à ce traitement de « faveur ».

Selon cet expert, ces pratiques de Facebook flirtent dangereusement avec les règles européennes en matière de protection de la vie privée. Bien que légaux en Europe, les utilisateurs doivent être conscients de leur existence et les acceptent, ce qui n’est pas le cas dans ces pratiques du réseau social, sauf en cas d’inscription sur Facebook.

Facebook n’a pas du tout apprécié ce rapport et le fait savoir. « Les auteurs du rapport ne nous ont jamais contactés pour tenter de clarifier avec nous certaines affirmations », a déploré un porte-parole de Facebook. Il assure également que le document contient « des erreurs ».

Lorsqu’on a rien à dire sur le contenu, « C’est typique d’attaquer le messager et la manière dont le rapport a été fait », réagit Rob Heyman.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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