Heure d’été : est-ce que les avantages surpassent les inconvénients ?

Alors que l’on ne sait pas très bien à quoi sert réellement l’heure d’été, est-ce que ses avantages surpassent ses inconvénients ?

L’Union européenne a passé à l’heure d’été dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars. Les États-Unis changeront d’heure quant à eux qu’à la mi-mars. Est-ce utile ?

L’émission de John Oliver a réalisé une vidéo pour ridiculiser cette pratique dont personne ne connait exactement l’origine. Le commentateur rappelle à cette occasion que ce n’est pas pour l’agriculture que l’heure est avancée, que les vaches sont totalement indifférentes à la mesure humaine du temps qui passe !

Au travers du scepticisme de plusieurs économistes, c’est le principe même du changement d’heure qui est critiqué par l’émission de John Oliver. Dès lors, est-ce que le passage à l’heure d’été est encore utile, est-ce que ses avantages surpassent ses inconvénients en termes d’économie d’énergie, de santé publique et de qualité de vie ?

Pour comprendre l’heure d’été, il faut remonter très loin dans le passé. Son idée générale a en effet été émise par l’inventeur, homme de lettres et politicien américain Benjamin Franklin, dans une tribune publiée dans Le Journal de Paris en 1784. Il considère que les familles parisiennes, qui s’éclairent à la bougie, dépensent trop de cire le soir, mais aussi que les Parisiens se lèvent trop tard pour profiter de la lumière du soleil…

C’est ainsi qu’il compte « 128 100 000 heures de consommation, à supposer, comme je l’ai dit, une demi-livre de bougie ou de chandelle consommée par chaque heure dans chaque famille, on aura 64 050 000 livres pesants de cire ou de suif consommés à Paris ». Sur cette base, Benjamin Franklin propose un décalage du temps de vie éveillé : « une taxe d’un Louis sur chaque fenêtre qui aura des volets, empêchant la lumière d’entrer dans les appartements aussitôt que le soleil est sur l’horizon ». Il propose aussi de « faire sonner toutes les cloches des églises au lever du soleil ; et si cela n’est pas suffisant, faire tirer un coup de canon dans chaque rue pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt ».

Dans le but d’économiser de l’énergie pendant la guerre, les Allemands mettront en place le changement d’heure en 1916, une mesure qui sera vite imitée en Europe. En France, elle sera abandonnée en 1945 avant de revenir en 1976.

D’après le constat d’une étude australienne menée en 2007, l’économie réalisée le soir est contrebalancée par les dépenses d’énergie en matinée.

Une étude menée par l’État de l’Indiana a pu comparer le fait que tous les États américains n’appliquaient par le changement d’heure jusqu’en 2006. Cette étude comparative a révélé que la consommation augmentait en fait de 1% !

De plus, aujourd’hui, vu que l’on incite les utilisateurs à consommer plus d’énergie en soirée, notamment sur les smartphones, tablettes et autres écrans, on peut se poser la question de savoir où sont les économies ?

« Ces économies pourraient être illusoires, car l’heure d’éclairage artificiel gagnée le soir serait largement compensée par les dépenses énergétiques supplémentaires induites le matin, en avril et septembre, pour l’éclairage et le chauffage, et plus encore, probablement, à partir de 1996, avec l’allongement de la période d’été jusqu’à la fin du mois d’octobre. De plus, la promotion de la nouvelle technologie des lampes fluorescentes à basse consommation d’électricité, en remplacement des actuelles ampoules à incandescence, réduirait encore l’écart de consommation », fait valoir un rapport du Sénat datant de 1997.

De fait, il semblerait que les avantages soient réellement minimes de passer à l’heure d’été. Dès lors, pourquoi changeons-nous encore d’heure ? La réponse à cette question n’est certainement ni énergétique, ni humaine, mais plutôt politique !

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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