Internet.org : son véritable défi n’est pas technique, mais humain

L’objectif du consortium Internet.org est d’apporter internet aux 4,3 milliards de personnes qui ne sont aujourd’hui pas sur la toile. Alors que le défi technologique est avancé, le plus gros souci serait avant tout humain.

Aujourd’hui, 4,3 milliards de personnes ne sont pas présentes sur la toile, ce qui est quelque part un manque à gagner pour les grands groupes internet. C’est pour apporter internet à tous les habitants du monde que Google travaille sur ses ballons relais ou que Facebook est l’instigateur du consortium Internet.org, une initiative qui regroupe notamment Ericsson, Qualcomm, Nokia ou encore Samsung
L’objectif d’Internet.org est de se présenter comme un partenaire mondial dont l’objectif est de rendre l’accès à Internet abordable pour les deux tiers de la planète qui ne sont pas encore connectés, bien évidemment avec le secret espoir que tous ces nouveaux marchés adoptent Facebook.

Pour réaliser ce titanesque projet, il faut tout d’abord trouver des solutions techniques pour apporter internet partout. C’est de cette manière que des solutions satellitaires par ballons ou par drone relais ont été évoquées. C’est aussi pour cette raison que Facebook évoque un ambitieux projet qui couterait « plusieurs dizaines de milliards de dollars ».

Alors que ces points devraient permettre d’apporter internet partout, la réalité est que le problème n’est pas du tout là !

En effet, l’infrastructure mondiale permet déjà d’apporter internet à 85% de la population mondiale, certes en 2G (Edge), mais c’est tout de même de l’internet. Le véritable problème n’est donc pas qu’internent n’est pas disponible, mais que les gens n’utilisent pas la toile. De fait, trouver des solutions techniques n’a pas été la bonne approche de l’internet pour tous !

Une fois que cette prise de conscience a été faite, il s’agit maintenant de comprendre pourquoi toutes ces personnes ne se connectent pas. Les réponses sont loin d’être évidentes tant elles sont multiples. Il peut en effet s’agir de dimensions économiques avec des gens qui n’ont pas les moyens de s’offrir un téléphone connecté ou de se payer un forfait data. Cela peut aussi être social et culturel avec des personnes qui ne connaissent tout simplement pas internet, qui s’en moquent ou n’en voient pas l’utilité.

De fait, la nouvelle approche d’Internet.org va être de séduire toutes ces personnes. Pour ce faire, l’idée est de proposer une application qui fonctionne même sur les infrastructures les plus arides tout en proposant des contenus adaptés à chaque internaute. Pour séduire, le but serait d’arriver à convaincre les opérateurs d’incorporer cette application à leurs services et qu’ils la proposent gratuitement.

C’est ainsi que cette approche a d’ores et déjà été testée aux Philippines, en Zambie et en Tanzanie. L’application apporte les prévisions météo, Wikipédia, le moteur de recherche Google et d’autres services, y compris bien évidemment Facebook.

Est-ce que cette approche va séduire de nouveaux utilisateurs ? L’avenir nous le dira. Une chose est néanmoins certaine, les géants mondiaux de la Silicon Valley vont tout faire pour que cela devienne une réalité dans un avenir qu’ils souhaitent certainement proche.

Votes
[Total : 0 votes en moyenne : 0]
PARTAGER
Article précédentFacebook va permettre de rechercher aussi des posts
Article suivantHour of Code : Barack Obama soutient l’apprentissage de la programmation

Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here