IXV : succès pour l’Europe de l’espace

Hormis un petit retard au lancement, la mission de l’IXV a été un succès total, un succès pour l’Europe de l’espace.

Le challenge était gros pour L’Europe : faire partie du cercle très fermé des nations capables de ramener des véhicules spatiaux sur Terre depuis l’espace. Grâce au succès du vol de l’IXV (Intermediate eXperimental Vehicle), elle a pu atteindre cet objectif.

C’est avec une demi-heure de retard par rapport à l’horaire prévu que le lanceur Vega a décollé peu après 13h30 GMT de Kourou, en Guyane. Après une mission de 100 minutes, le véhicule cylindrique, sans aile, mais pilotable, d’environ 2 tonnes pour 5 mètres de long a amerri comme prévu dans l’océan Pacifique.

Ce vol avait pour but de tester ce prototype conçu par l’entreprise franco-italienne Thales Alenia Space sous l’égide de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Après avoir atteint une altitude de plus de 400 kilomètres, c’est la phase la plus importante de la mission qui devait être étudiée par les ingénieurs : la rentrée dans l’atmosphère. Alors que l’engin est rentré dans l’atmosphère à environ 7,5 lm/s, sa température extérieure est montée aux alentours de 1 700 °C en raison du frottement, des conditions impossibles à tester sur Terre. Seul le vol réel était possible pour valider la matrice de céramique et de fibres de carbone censée protéger l’habitacle de la chaleur.

Pour enregistrer le comportement du vaisseau spatial, quelque 300 capteurs ont enregistré en temps réel le comportement de l’IXV, sa trajectoire, sa température, les conditions de l’environnement, etc.

Hormis cette résistance à la rentrée dans l’atmosphère, le système de guidage de l’IXV était également au centre de toute l’attention. Sans aile, mais avec quatre tuyères et deux volets arrière orientable, l’engin était censé pouvoir maintenir sa trajectoire.

« Nous testons plusieurs premières, comme la forme de l’engin, ses matériaux de protection, le guidage », a souligné Giorgio Tumino, le chef de la mission pour l’ESA.
Le succès de ce vol à 150 millions d’euros va permettre de faire avancer le programme PRIDE (Program for Reusable In-orbit Demonstrator in Europe) qui va consister à concevoir des engins spatiaux qui pourront revenir sur Terre, par exemple pour être réutilisable, ramener des échantillons depuis des planètes ou des astéroïdes, rapatrier des équipements de la Station spatiale internationale (ISS), et pourquoi pas accueillir des passagers.

En réussissant sa mission l’XV permet à l’Europe de l’espace de rejoindre la Russie qui utilise ses capsules non pilotables Soyouz, les États-Unis qui a conçu ses missions Apollo et ses navettes spatiales, mais aussi la Chine qui s’est largement inspirée de la Russie.

On notera que SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, avec sa capsule Dragon sait traverser l’atmosphère, tout comme Boeing avec son X37-B.

De son côté, l’Europe a bien eu le projet de la navette Hermès, abandonné en 1992, puis son véhicule de transfert automatique (ATV) qui dessert régulièrement l’ISS, mais celui-ci est conçu pour se désintégrer lors de la rentrée dans l’atmosphère. Avec le succès de l’IXV, l’Europe maintient donc son statut en matière de maitrise de l’espace.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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