JPEG Privacy and Security : une initiative pour plancher sur des DRM

Pour l’heure, le populaire format JPEG n’est pas assujetti à des DRM, ce qui ne va pas forcément durer. L’initiative JPEG Privacy and Security est justement en train de plancher sur la question.

Le comité JPEG a fait plusieurs constats. Pour commencer, d’énormes progrès ont été faits en matière de capture, de stockage, de diffusion et d’affichage d’image. Au fil des ans, le domaine de l’imagerie numérique a subit une accélération de sa croissance, un phénomène qui touche tous les secteurs o ?u de l’imagerie est utilisée.

Pour accompagner cette croissance, le comité JPEG a proposé plusieurs formats au cours des 25 dernières années, que cela soit le JPEG, le JPEG 2000, le JPEG XR, le JPSearch, le JPEG XT ou plus globalement le système JPEG qui fait désormais figure de standard en matière d’imagerie.

C’est ainsi que les formats JPEG sont parmi les plus populaires aujourd’hui, ils sont utilisés aussi bien par les caméras que par les téléphones mobiles, ce qui fait que ce sont plusieurs milliards d’images JPEG qui sont produites chaque jour. Ces formats sont tellement rentrés dans nos mœurs que nombreux sont les utilisateurs à l’employer inconsciemment sur son téléphone mobile, son ordinateur, sa tablette, son téléviseur, ou encore son appareil photo.

Le format JPEG a bien évidemment été aussi adopté par les réseaux sociaux, les journaux numériques, les agences de presse, etc., ce qui signifie clairement que la tendance à la croissance n’est pas prête de s’arrêter.

Des images sources de conflits

Le problème est qu’il a aussi été constaté que l’utilisation des images numériques donne de plus en plus lieu à un certain nombre de conflits. La principale cause de ces conflits étant le problème de la propriété intellectuelle et la protection des données personnelles.

À l’instar de n’importe quelle autre œuvre créative, les images numériques sont sujettes. De fait, l’auteur d’une image doit pouvoir conserver un contrôle de son utilisation.

Il a aussi été constaté que via les métadonnées associées à une photo publiée, il est possible d’accéder à certaines données permettant d’identifier une personne, ce qui peut mettre en péril la vie privée, notamment lorsqu’il s’agit de maintenir l’anonymat, par exemple pour une source journalistique.

C’est pour toutes ces raisons, que cela pour éviter les conflits ou anticiper le futur, que le comité JPEG a décidé de lancer l’initiative JPEG Privacy and Security, dans le but de trouver des solutions.

L’avenir de JPEG

Le but de l’initiative JPEG Privacy and Security est donc de trouver des solutions qui apporteraient un degré de confiance supplémentaire au niveau du partage des images, des métadonnées, ou encore de la protection de la propriété intellectuelle.

À cela, il faut ajouter d’autres problématiques connexes telles que le volume de donnée qui ne cesse de croitre, la confidentialité, la sécurité, ou encore les nouvelles technologies.

C’est pour cette raison que le groupe JPEG Privacy and Security planche actuellement sur une nouvelle norme qui apporterait la protection des données personnelles, le maintien de l’intégrité de l0image, la protection des droits de propriété intellectuelle, tout cela en préservant les fonctionnalités actuelles des normes JPEG de manière à ne pas impacter négativement les performances, l’évolutivité, l’interopérabilité et la compatibilité.

Nouvelle norme JPEG

Une grande partie des fonctionnalités recherchées font déjà partie de JPEG 2000. L’objectif du groupe JPEG Privacy and Security est donc d’aller au-delà de JPEG 2000 afin de trouver une solution pour l’ensemble des normes JPEG.

L’idée serait d’ajouter une couche d’extension, simple et efficace, pour encapsuler toutes les métadonnées, une extension qui pourrait être cryptée pour la protection de la vie privée.

Mais pour arriver à une solution satisfaisante, de nombreuses exigences doivent être respectées :

  • Rétrocompatibilité avec JPEG et JPEG 2000
  • Cryptage indépendant des métadonnées et de l’image
  • Hiérarchisation de l’accès et des niveaux de protection des métadonnées et de l’image
  • Définition de politiques de confidentialité pour l’accès et le contrôle aux métadonnées et à l’image
  • Un ensemble d’outils de protection par défaut (algorithmes, authentification, hachages, certificat, signature numérique)
  • Un mécanisme d’enregistrement englobant les outils de protection supplémentaire
  • Etc.

En clair, il va s’agir de proposer une solution technique complète qui satisfasse à tous les critères.

Pour atteindre son but, le groupe JPEG Privacy and Security ne compte pas travailler seul dans son coin. Il va aussi interagir étroitement avec des acteurs de l’imagerie numérique, de la confidentialité et de la sécurité bar le biais d’ateliers ciblés.

Ce n’est qu’après avoir réellement compris les besoins de l’industrie, des gouvernements et des utilisateurs en termes de technologie et de fonctionnalités qu’une solution sera élaborée.

C’est ainsi que le 13 octobre 2015 lors de la 70e réunion JPEG à Bruxelles, un appel a été lancé aux contributeurs qui souhaitent participer à l’élaboration de cette nouvelle norme.

Qu’est-ce qui pourrait changer ?

Au final, l’initiative JPEG Privacy and Security pourrait déboucher sur la mise en place de DRM, c’est-à-dire des verrous numériques qui serviraient à protéger la vie privée des utilisateurs ainsi que la propriété intellectuelle des ayants droit.

Réagir sur cette idée est pour le moment un peu prématuré. Mais une chose est certaine. L’adoption de DRM pour le format JPEG compliquerait sérieusement l’utilisation de ce format d’image. Même si les raisons d’une telle mesure sont claires, la mesure semble tout de même disproportionnée par rapport à la popularité du format JPEG, car ces verrous numériques entraveraient grandement la liberté d’échange entre les utilisateurs.

Alors, DRM ou pas, cela sera au groupe JPEG Privacy and Security d’en faire la proposition.

Source : Jpeg

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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