Sans que personne le remarque, la Lune a changé de visage

On pensait que la Lune était morte, que son image était immuable dans le temps depuis de nombreuses années, que sa surface n’évoluait pratiquement pas. On avait tout faux !

Depuis le temps que nous observons la Lune, personne n’a jamais remarqué de changement significatif à sa surface. Pour cause, tout le monde pensait que notre satellite naturel était figé dans une immobilité sidérale, pour l’éternité. Dénué d’eau, de vent, de vie, de volcanisme, de séismes, donc de toute forme d’érosion, son aspect était censé être le même qu’il y a des centaines de milliers, voire des millions d’années.

Bien évidemment que les radiations émises par le Soleil et les supernovae ont un effet sur la surface de la Lune, tout comme la chute des astéroïdes ou la continuelle bruine des micrométéorites. Malgré cela, 400 ans d’observation n’ont fait ressortir aucune modification majeure. Et pourtant, tout a changé !

Si tout a changé à la surface de la Lune, c’est parce que l’on ne la regardait pas de la bonne manière. Grâce à la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter mise en orbite en 2009, les scans sont réalisés avec une précision pouvant atteindre parfois le mètre. C’est comme cela qu’Emerson Speyerer, Mark Robinson, Reinhold Povilaitis, Robert Wagner et Peter Thomas ont découvert plus de deux cents nouveaux impacts à la surface de la Lune !

Il ne s’agit certes que de cratères mesurant un à quarante mètres de diamètre, donc pas de bouleversements majeurs. Il n’empêche que cette découverte bouleverse complètement notre compréhension de la Lune. Concrètement, l’importance des particules qui tombent sur sa surface a totalement été négligée.

Plus intéressant encore, les chercheurs ont découvert comment la surface lunaire était soufflée sur des kilomètres carrés en raison de l’absence d’atmosphère pour freiner les particules soufflées par les impacts. Ainsi, un bloc de un mètre creuse un cratère de 12 mètres, qui lui-même dévaste le paysage sur plus d’un kilomètre de distance.

Alors qu’on parle d’installer une station habitée sur la Lune, cette découverte change complètement la donne. Il va en effet falloir nettement plus protéger les futures stations lunaires habitées de ce qui pourrait tomber du ciel. Cette découverte concerne aussi Mars, une planète qui n’a pas d’atmosphère comme la Lune et qui est donc soumise à un bombardement cosmique continu.

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