La mission Planck réfute la découverte faite par BICEP2

Non, l’expérience BICEP2 n’a finalement pas découvert des ondes gravitationnelles primordiales, cela vient d’être réfuté par la mission spatiale Planck.

L’émoi avait été grand en mars 2014 lorsque l’expérience BICEP2 avait annoncé avoir découvert des ondes gravitationnelles primordiales, c’est-à-dire la preuve pour confirmer l’existence de l’inflation, la période extrêmement courte de la naissance de l’Univers pendant laquelle l’espace-temps s’est dilaté à une vitesse inimaginable, passant de la taille d’un noyau atomique à celle de l’Univers observable actuel, un phénomène qui est au cœur des théories cosmologiques modernes.

Les travaux de la mission spatiale Planck mettent aujourd’hui un terme à cette découverte en affirmant que les signaux mesurés par l’expérience BICEP2 sont en fait des traces de poussières.

Un erratum scientifique a ce sujet va d’ailleurs prochainement faire l’objet d’une publication dans la revue Physical Review Letters.
Hormis le fait que l’expérience BICEP2 a vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué, la réalité est que cette découverte était en fait émaillée de plusieurs erreurs.

Pour commencer, les scientifiques de l’expérience BICEP2 avaient fondé l’interprétation de leurs données sur la base d’une carte diffusée par leurs collègues de la mission Planck lors d’un congrès, ils ont malheureusement mal compris la légende et faussement déduit que la zone du ciel qu’ils observaient ne présentait pas trop de ces petites poussières. « A posteriori, cela peut sembler grossier comme erreur, mais en pratique, cela nécessitait une analyse mathématique assez subtile », relativise Ludovic Montier, astronome à l’Observatoire Midi-Pyrénées et membre de l’équipe Planck. « Sans nos données, ils n’avaient pas vraiment moyen de savoir ».

On peut se poser également la question de savoir pourquoi BICEP2 a publié si vite, avant une quelconque vérification plus poussée. « C’est sûr que cela leur aurait évité le moment désagréable qu’ils sont en train de vivre », relève François Bouchet, l’un des responsables scientifiques de la mission Planck à l’Institut d’astrophysique de Paris. « La science avance en trébuchant, parfois ».

En fait, le signal observé était si fort qu’il pouvait très bien être découvert et publié par des concurrents avant eux. La rumeur à ce sujet commençait d’ailleurs à s’ébruiter dans la communauté. C’est en quelque sorte pour court-circuiter les fuites que BICEP2 a publié dans la précipitation.

« Il ne faut pas que les annonces fragiles deviennent la règle, cela brouille le message scientifique et donne un mauvais signal au grand public. Il faut aussi rappeler que l’erreur scientifique n’est pas une faute morale. L’erreur, si elle est de bonne foi, comprise et dépassée, ne doit pas être moquée, car c’est aussi un formidable combustible pour avancer », souligne Étienne Klein, physicien au CEA et philosophe des sciences.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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