Le 16 juillet 1945 marque notre entrée dans une nouvelle époque : l’Anthropocène

Le groupe de travail de l’Anthropocène a décidé de choisir la date du 16 juillet 1945 comme début d’une nouvelle époque.

Le comportement de l’être humain a fait basculer la Terre dans une nouvelle ère : l’Anthropocène. Alors que les humains ont laissé des traces de leurs activités depuis des milliers d’années, le groupe de travail de l’Anthropocène a été créé pour déterminer le début officiel de cette nouvelle époque.

Depuis que l’humain existe sur terre, ses traces n’ont que peu affecté notre planète pendant longtemps. C’est à partir du milieu du XIXe siècle que nos actions ont commencé à affecter le monde entier. Depuis, le monde a connu un essor considérable, tant du point de vue de la population, que de l’industrialisation, qu’au niveau des bouleversements environnementaux sur terre comme sur mer, sans oublier la connectivité mondiale.

C’est ainsi que le prix Nobel de chimie Paul Crutzen a inventé le terme « Anthropocène » en 2000 en suggérant que l’impact de l’homme sur la planète était devenu tellement important que nous n’étions plus dans l’Holocène, l’époque qui a commencé à la fin de la dernière période glaciaire (il y a environ 11 700 ans) et qui a connu une expansion humaine sans précédent.

Le concept de l’Anthropocène a depuis été adopté par de nombreux scientifiques sans que ceux-ci ne se soient pour le moment mis d’accord au sujet de l’entrée dans cette nouvelle ère.

Dans son dernier rapport, le groupe de travail de l’Anthropocène suggère que le milieu des années 50 a marqué un réel tournant en commençant à modifier le système entier de la terre. Plus particulièrement, ils ont désigné la date du 16 juillet 1945, la date où les humains ont fait exploser la première bombe atomique.

En choisissant cette date, les scientifiques considèrent que les isotopes radioactifs peuvent être le marqueur de cette nouvelle époque. « Comme toute limite géologique, il ne s’agit pas d’un marqueur parfait », a déclaré le Dr Jan Zalasiewicz, du département de géologie de l’Université de Leicester et Président du groupe de travail de l’Anthropocène. « C’est peut-être la meilleure façon de résoudre les multiples sources de données sur les changements planétaires engendrés par l’homme. Le temps, et beaucoup de discussion nous le dira », a-t-il ajouté.

C’est en fin d’année prochaine que l’International Commission on Stratigraphy (ICS, Commission internationale de stratigraphie) prendra sa décision finale au sujet du début de l’Anthropocène. L’ICS coordonne les activités stratigraphiques au sein de l’International Union of Geological Sciences (IUGS) avec pour mission l’établissement d’une échelle des temps géologiques standardisée.

Dans ce contexte, le choix du 16 juillet 1945 semble parfaitement légitime vu que la première bombe atomique qui a explosé dans le désert du Nouveau-Mexique, à 120 milles au sud de Santa Fe, a provoqué un champignon atomique qui a dépassé les 40 000 pieds d’altitude alors que des particules radioactives se sont dispersé des pôles à l’équateur en laissant un signal indélébile dans les couches de la terre.

Le groupe a publié un document de recherche sur l’Anthropocène dans le journal Quaternary International.

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