Le scepticisme entoure le Cloud Souverain

L’annonce du rachat total de Cloudwatt par Orange laisse planer un certain scepticisme autour de la pérennité du Cloud Souverain.

Dans le but de répondre aux exigences locales en matière de performances et de sécurité, l’État français a souhaité développer une offre de Cloud Souverain. Cette initiative a donné naissance à Numergy et Cloudwatt.

Aujourd’hui, la volonté affichée par Orange de vouloir racheter la totalité de Cloudwatt laisse planer un certain scepticisme autour de la pérennité de cette notion de Cloud Souverain. En effet, cette situation est l’occasion de dresser un bilan et de constater que ces initiatives sont pointées du doigt pour plusieurs faux pas.

Au départ, l’idée même du Cloud Souverain semblait légitime. Il s’agissait d’assurer une souveraineté du Cloud au niveau de la France sur un marché concurrentiel dominé par les États-Unis. L’initiative était d’autant meilleure qu’elle visait également protéger plus efficacement les données stockées sur le Cloud, notamment suite aux révélations faites autour de la surveillance électronique.

Là où cela se corse, c’est en cherchant une explication à la création de Numergy et Cloudwatt, de nouvelles offres, alors que plusieurs entreprises françaises proposent déjà des offres Cloud, donc possèdent l’expertise en la matière.

De fait, sur un marché concurrentiel, des nouveaux venus avec des objectifs financiers très ambitieux et des objectifs technologiques peu réalistes semblaient voués à l’échec, comme le laisse penser la situation actuelle. Une solution aurait été de mutualiser les compétences et d’unifier les entreprises, une idée poussée par Axelle Lemaire, une décision qui n’a jamais été prise.

Le scepticisme qui entoure le Cloud Souverain provient donc des objectifs fixés. En effet, une infrastructure basée sur Open Stack ne se construit pas en quelques années, tout comme espérer des bénéfices de plus de 200 millions d’euros en trois ans semble un peu irréaliste. En étant plus raisonnable au niveau de ces objectifs, cela aurait certainement été plus facile, notamment pour attirer des entreprises pour qu’elles participent et collaborent au projet.

Par ailleurs, plutôt que d’avoir créé Numergy et Cloudwatt, pourquoi ne pas avoir plutôt opté pour un acteur existant en lui imposant des contraintes de service public ?
Pour finir, il serait également bon de se poser la question de savoir si la France est réellement en retard en termes de technologies Cloud. En effet, les acteurs sur ce marché se multiplient, chacun apportant sa brique à l’édifice, y compris dans l’Hexagone.

Au final, la pérennité de l’idée même du Cloud Souverain semble compromise, comme le prouve l’intention d’Orange de racheter la totalité de Cloudwatt. Il ne s’est donc s’agit que d’une perte de temps, d’énergie et de moyens.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

3 Commentaires

  1. Le souci n’est pas vraiment la mise en œuvre d’une plateforme OpenStack, un peu « usine à gaz », mais somme toute assez facilement fonctionnelle… Au moins pour les tâches essentielles.

    Le souci étant d’avoir donné autant d’argent à des projets foireux qui ne reposaient que sur une supposée capacité à recruter les bonnes personnes rapidement. Ce qui n’a manifestement pas été le cas vu la lenteur de la réalisation. Pire : pour contenter tout le monde, l’argent a été donné à deux projets concurrents, mais parfaitement similaires.
    La sélection des projets retenue a été complètement biaisée au profit de deux entreprises bien dans la place, mais qui n’ont montré aucune capacité d’innovation depuis déjà bien longtemps… Copinage ?

  2. Quelques recherches sur le Patriot Act pourrait vous donner une piste de réponse 😉
    Maitrisez nos données et en rester propriétaire est un défis important dans cette nouvelle guerre qu’est la technologie.

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