Les oiseaux sont capables de prédire les tornades

Il est depuis longtemps établi que certains animaux sont capables de ressentir une catastrophe naturelle avant qu’elle se produise. Des scientifiques ont découvert que les oiseaux peuvent prédire les tornades.

Sans que cela soit des faits scientifiquement démontrés, cela fait longtemps qu’il est établi que certains animaux sont capables de ressentir une catastrophe naturelle avant qu’elle se produise. Sans qu’aucune observation scientifique ne décrive précisément le phénomène, c’est de cette manière qu’il a été constaté que les éléphants, lors du tsunami de décembre 2004, auraient perçu le danger et déserté les zones côtières.

C’est en observant des parulines à ailes dorées, de petits passereaux d’environ 9 grammes, que les ornithologues américains Henry Streby, de l’université de Californie, et David Andersen, de l’université du Minnesota, ont pas hasard observé scientifiquement le sens de prédiction des tornades des oiseaux. C’est dans la revue Current Biology qu’ils expliquent leur découverte.

Spécialistes de la migration des oiseaux, c’est en 2013 que les ornithologues avaient équipé des parulines à ailes dorées de microgéolocalisateurs. Alors que ces petits oiseux chanteurs de la famille des fauvettes passent l’hiver en Colombie, avant de gagner les États-Unis au printemps, où ils s’accouplent, les chercheurs expliquent : « Nous tentons de mieux connaître leurs itinéraires de migration et les embûches qu’ils rencontrent, car ces oiseaux sont aujourd’hui menacés ».

En analysant les résultats de leur périple entre le 26 et le 30 avril, ils découvrent que cinq oiseaux, arrivés entre un à treize jours après une migration de 4 000 kilomètres, sont repartis les 26 et 27 avril en direction du sud. En quatre jours, ils ont effectué une boucle de 1 500 kilomètres, s’arrêtant deux jours en Floride, avant de revenir dans les montagnes du Tennessee.

Mais là où cela vient intéressant, c’est qu’entre le 28 et le 30 avril, pas moins de 84 tornades se sont abattues sur l’État, tuant 35 personnes et causant pour plus de 1 milliard de dollars de dégâts. De fait, les parulines à ailes dorées avaient détecté l’ouragan prévu par les services météorologiques.

En clair, cette boucle de 1 500 kilomètres n’a pas été une simple promenade, mais une fuite pour éviter l’épisode violemment dépressionnaire qui a frappé les Appalaches.

Pour Frédéric Jiguet, ornithologue et professeur au Muséum national d’histoire naturelle, il s’agit d’un résultat « spectaculaire ».

Alors que cette observation faite par Henry Streby et David Andersen permet de clairement démontrer que les oiseaux sont capables de prédire les tornades, reste maintenant à comprendre comment ils ont fait ? Ont-ils perçu une variation de la pression atmosphérique ? Une variation de la température ? Un changement de vitesse ou de direction des premiers vents ? Une couverture nuageuse ? Ou encore des précipitations ?

Selon les données enregistrées par la station météo de Nashville, aucun de ces paramètres ne semble être le signal annonciateur vu que rien ne sortait de l’ordinaire lorsque les oiseaux ont commencé leur fuite.

La réponse serait plutôt à chercher du côté des infrasons, ces ondes acoustiques de moins de 20 Hz qui peuvent atteindre une amplitude supérieure à 100 dB et « se déplacer sur des centaines de kilomètres avec une très faible atténuation », explique l’article. Si l’oreille humaine est incapable de les entendre, il n’en est pas de même pour les animaux. De nombreux oiseaux perçoivent les infrasons, mais aussi les éléphants !

C’est ainsi que les scientifiques concluent leur article en soulignant que « D’autres indices peuvent avoir décidé les parulines à partir, mais le plus probable est la perception des infrasons ».

Vu que les météorologues avaient prédit cet ouragan, les parulines ne vont pas contribuer à anticiper ce genre de phénomène météorologique. Il n’en demeure pas moins que la nature a encore beaucoup de choses à nous apprendre.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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