Les volcans de Pluton ressemblent beaucoup à ceux sur Terre et sur Mars

Les scientifiques ont découvert deux cryovolcans sur Pluton, des volcans de glace qui pourraient encore être actifs à l’heure actuelle.

Avant le passage de la sonde New Horizons à proximité de Pluton, il y a quatre mois, les planétologues n’étaient pas certains de ce qu’ils allaient découvrir sur cette planète naine lointaine. Ils ne s’attendaient en tout cas pas à trouver des volcans actifs. C’est pourtant bien ce qui semble avoir été repéré en combinant les images prises et les données topographiques.

« Lorsque vous voyez une montagne avec un grand trou à son sommet, cela fait penser à une seule chose », a déclaré Oliver White, un expert en volcans aux Ames Research Center de la NASA. « Cela peut paraitre fou, mais moins fou que de trouver une autre explication à ce que nous voyons ».

C’est lundi, à l’occasion de la réunion annuelle de l’American Astronomical Society’s Division for Planetary Sciences Division à National Harbor (Maryland / États-Unis), qu’Oliver White a rejoint les autres scientifiques de l’équipe New Horizons pour présenter les dernières découvertes de la sonde.

Alors que la nature chaotique du système de Pluton, ses petites lunes, sa curieuse atmosphère et autres auraient pu accaparer l’attention de l’auditoire, c’est la probable découverte de cryovolcans encore en activité qui a volé la vedette à toutes les autres annonces.

Des volcans de glace qui pourraient encore être actifs à l’heure actuelle

À la différence des volcans sur Terre qui rejettent de la roche en fusion, les cryovolcans rejettent des matériaux tels que de l’eau, de l’ammoniac, ou encore du méthane. Bien que des preuves de l’existence de cryovolcans ont été découvertes ailleurs dans notre système solaire, comme du la lune de Saturne Encelade, rien d’actif, ailleurs que sur notre planète, n’avait encore été découvert.

« C’est juste étonnant que durant l’ensemble de l’exploration que nous avons faite de notre système solaire, le voisin le plus proche de nous est en fait Pluton », a commenté Alan Stern, chercheur principal sur la mission New Horizons.

Avec les Wright Mons et Piccard Mons, les scientifiques ont découvert deux volcans probablement actifs. Ils sont situés dans une zone juste au sud du « cœur » de Pluton.

De très nombreux cratères découverts sur Pluton

Alors que la sonde New Horizons a repéré de très nombreux cratères à la surface de Pluton, les Wright Mons et Piccard Mons se distinguent par leur taille. Ils mesurent environ 100 kilomètres de diamètre pour des altitudes respectives de 3 000 et 5 500 mètres au-dessus du niveau de la surface de la planète naine.

À leur sommet, ces deux montagnes possèdent des dépressions distinctes, des effondrements probablement dus à de la glace qui a éclaté au-dessous.

Emplacements de plus de 1 000 cratères localisés sur Pluton par la mission New Horizons, ce qui indique un large éventail d'âges de la surface. (NASA / JHUAPL / SwRI)
Emplacements de plus de 1 000 cratères localisés sur Pluton par la mission New Horizons, ce qui indique un large éventail d’âges de la surface. (NASA / JHUAPL / SwRI)

Lors de cette conférence, les scientifiques de la mission New Horizons ont également présenté une carte détaillée indiquant l’emplacement de plus de 1 000 cratères. Certaines régions possèdent plus de cratères que d’autres, ce qui dénote un large éventail d’âges de la surface.

Des âges très différents

Pour le tiers nord de la planète, là où les cratères sont abondants, les chercheurs ont estimé l’âge de la surface à environ 4 milliards d’années. Dans le Tombaugh Regio, l’âge est par contre de 1 milliard années. La surface de la Spoutnik Planum est, elle, âgée de moins de 10 millions d’années.

Comme c’est souvent le cas lors de l’annonce de nouvelle découverte, cette annonce soulève plus de questions qu’elle ne fournit de réponses. Pour cause, les scientifiques n’expliquent pas encore ces différences, notamment la source de chaleur qui serait active sur Pluton pour provoquer de telles différences.

Une différence entre Pluton et Charon qui hante les scientifiques

Si Pluton suscite encore de nombreuses questions à son sujet pour elle-même, la planète naine suscite également des interrogations au sujet de ses différences avec Charon, sa plus grande lune. Ces questions hantent d’ailleurs l’esprit des scientifiques.

En effet, Pluton affiche une surface plutôt jeune alors que celle de Charon est âgée d’au moins 4 milliards d’années. Pourquoi cette différence ? L’incompréhension arrive du fait que ces deux astres devraient s’être formés pratiquement en même temps, à partir du même environnement et des mêmes matériaux.

Pluton et sa lune Charon sont très différents, et cela malgré une formation en même temps. (NASA / JHUAPL / SwRI)
Pluton et sa lune Charon sont très différents, et cela malgré une formation en même temps. (NASA / JHUAPL / SwRI)

Si toutes les réponses aux nombreuses interrogations qui subsistent ne sont pas encore prêtes à être trouvées, la bonne nouvelle est que les données obtenues par la sonde New Horizons fournissent des éléments de réponse. Maintenant, les scientifiques vont devoir analyser, modéliser, comprendre et émettre des hypothèses pour pouvoir expliquer tout cela d’une manière cohérente.

« C’est maintenant que les débats commencent », a déclaré Curt Niebur, le superviseur scientifique de la mission New Horizons pour la NASA.

Que pensez-vous des premières découvertes faites au sujet de Pluton ?

Source : Arstechnica

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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