L’humain augmenté n’est qu’un mythe

La prolifération des cyborgs et des personnes-machines au cinéma, associé au progrès de la robotique donne à penser que l’humain augmenté existe. N’en déplaise aux transhumanistes : ce n’est qu’un mythe !

À voir des films tels que Robocop ou Elysium, des jeux vidéo comme Deus-Ex, on découvre une prolifération des cyborgs et des personnes-machines. Cette prolifération, associée aux progrès de la robotique et aux discours des groupes transhumanistes qui prônent le dépassement de notre condition biologique font que de plus en plus de personnes croient à ce genre de prouesses technologiques.

La réalité est malheureusement très loin de ce scénario idyllique de pouvoir améliorer l’humain par de la technologie. Pour s’en convaincre, il suffit de commencer par constater que la technologie actuelle n’arrive déjà pas à réparer le corps humain. Il suffit de prendre en considération la réalité des personnes appareillées, ces personnes amputées qui portent des prothèses et qui sont très loin d’être des personnes-machines.

Malgré tout ce que les films de science-fiction laissent penser, la situation actuelle est qu’il n’existe actuellement aucune prothèse corporelle permanente, rien de « fusionné » avec le corps, ni rien de réellement contrôlable par la pensée.

Se focaliser sur un ordinateur capable de battre un humain aux échecs ou sur l’athlète Oscar Pistorius capable de courir plus vite qu’un bon nombre de personnes fait oublier que l’ordinateur ne sait que jouer aux échecs alors que l’humain est capable de faire des millions de tâches, ou qu’Oscar Pistorius ne peut tenir debout, ni marcher normalement, ou encore moins nager sans changer de prothèse. Le commun des mortels que nous sommes a trop tendance à oublier toute la polyvalence de l’être humain.

L’autre mythe est que la technologie s’apprend et s’adapte instantanément. Aussi vrai que l’on a dû apprendre à marcher, à faire du vélo, à nager, à parler, à utiliser un ordinateur, tout s’apprend. La capacité d’apprentissage est d’ailleurs une force de l’être humain. Le problème est que les mêmes récits de science-fiction qui nous font croire que tout est possible n’induisent en erreur en nous faisant croire qu’un appareillage s’adapte instantanément.

Il suffit de demander aux patients amputés… Ils ont dû faire des heures et des heures d’efforts pour apprivoiser leur prothèse. Des heures d’entrainement pour pouvoir correctement la manipuler suivies d’heures d’entrainement pour que sa manipulation devienne instinctive. Le fait que les prothèses soient désormais capables de lire les signaux électriques d’activation musculaire grâce à des électrodes placées dans l’emboîture de la prothèse ne suffit pas, il faut que le patient apprenne à faire fonctionner son corps en harmonie avec son extension mécanique, rien n’est acquis, rien n’est trivial.

À cela, il faut ajouter que les humains que nous sommes rêvons peut-être d’être comme les cyborgs ou les personnes-machines des récits de science-fiction. La réalité est là encore bien différente vu que la majorité des personnes regardent toujours d’un mauvais œil les personnes appareillées. De fait, pour autant que la réalité de la personne-machine soit possible, ce qui n’est pas encore le cas, on risquerait surtout de figurer comme paria de la société.

De fait, banaliser l’image de la personne-machine, celle de l’humain amélioré, n’est que de la science-fiction et le restera certainement encore longtemps : il ne s’agit vraiment que d’un mythe !

La bonne chose dans ce mythe, c’est que tous les mythes stimulent la créativité. Par ce fait, les personnes amputées peuvent avoir l’espoir que de nouveaux progrès soient faits.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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