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Martin Bouygues

Niet absolu de Bouygues à Altice

Et maintenant, que va-t-il se passer dans le monde des télécoms après le refus de Martin Bouygues signifié à Patrick Drahi le Big Boss d’Altice pour le rachat de Bouygues Télécoms ?

Les investisseurs du secteur des télécoms vont certainement se mettre en veilleuse et attendre. Ils vont sans doute méditer sur le pourquoi et le comment du refus de Bouygues télécoms d’être racheté à 10 milliards d’euros par Altice, alors que la valeur à l’actif du bilan représente un peu plus de 50% de l’offre faite par Altice.

Arguments de Bouygues

Il faut déjà rappeler que l’actionnariat de Bouygues Télécoms est dominé par les salariés qui ont 30,6% de droits de vote plus que le holding SCDM appartenant à la famille Bouygues. De ce fait, et au-delà de l’offre financière de Altice, il y a l’aspect social, et donc une crainte de Bouygues sur le maintien des salariés une fois l’opérateur racheté.

Ensuite, Bouygues argumente que son entité télécoms va de mieux en mieux, et ses prévisions de croissance à 2017 seraient celles déjà réalisées en 2011 à savoir une marge d’exploitation de 25%, voir plus. Il a été soulevé aussi une immixtion de la part de l’autorité de régulation et qui risque selon Bouygues de dresser un véto empêchant la vente.

Enfin, sur le plan technique et infrastructure Bouygues télécoms dispose d’un bon noyau de fréquences, une structure des plus performantes de son réseau 4G ; son arrivée plutôt bien réussie dans le monde du fixe à haut débit, notamment en terme d’offres et de campagnes. Tous ces arguments ont fini par rallier l’unanimité du conseil d’Administration de Bouygues télécoms à rejeter l’offre de Patrick Drahi et celle donc de SFR-Numéricable.

Et contre-arguments d’Altice

Bien entendu, du côté d’Altice, le refus de Bouygues a d’autant plus surpris qu’il a été jugé incompréhensible, surtout, estime Patrick Drahi que toutes les garanties aux questions posées ont été apportées. Dans un long communiqué, le responsable d’Altice, essaie de démonter un à un chacun des arguments de Bouygues ; pour le volet social, il précise qu’il s’était engagé à maintenir les emplois salariés sous certaines conditions. Par rapport à l’Autorité de la concurrence, il dit avoir anticipé la procédure de rachat et être entré en contact avec celle-ci et s’assurer qu’il n’y aura aucune action d’empêchement de sa part ; enfin, il a été surpris que Bouygues n’ait dépêché aucun expert pour effectuer un rapport détaillé sur l’offre proposée et la présenter au Conseil d’administration. Enfin, il affirme disposer de toutes les garanties financières pour ce rachat à 10 milliards d’euros (65% financés en fonds propres, le reste en dette), et a fait part de son vaste programme d’investissement en France notamment le développement du réseau par fibre optique.

On a commencé en se questionnant sur un éventuel attentisme des investisseurs. On va conclure en s’interrogeant, si Altice et Drahi menaient une nouvelle offensive pour le rachat de Bouygues Télécoms, le conseil d’administration de ce dernier tiendra-t-il sa position par un nouveau niet ? Le titre Bouygues a progressé de 15% en un semestre, en raison de la projection sur une sortie des télécoms du géant du BTP. Ne dit-on pas que le cœur a ses raisons, que la raison n’a pas ?!

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