Nintendo : l’irrationnel succès des Amiibo

Les Amiibo, ces figurines de jeu de Nintendo, suscitent un engouement phénoménal au niveau planétaire. Pas forcément au niveau du jeu en lui-même, mais en raison de son effet collector.

C’est en marge de son jeu phare Super Smash Bros que Nintendo a lancé les Amiibo avant Noël dernier. Proposé en compléments du jeu, ces figurines sont véritablement devenues un phénomène de société.

En un mois, ce sont en effet 2,6 millions d’Amiibo qui ont été écoulés uniquement aux États-Unis. En France, ce sont 200 000 figurines qui ont trouvé preneur en deux mois. Ce succès est véritablement planétaire… sauf au Japon. « Les rayons sont restés remplis à une semaine de Noël et tout le monde s’en fichait », explique Grégoire Hellot, directeur de collection de manga chez Kurokawa et spécialiste de la pop culture japonaise. « Ils n’ont absolument pas compris ».

En effet, l’attrait réel des Amiibo, ces petites figurines rivées sur un socle contenant une puce NFC qui stocke des données qui peuvent être transférées dans une tablette Wii U, ne réside pas dans son apport aux jeux, mais dans son effet collector. « On remarque que beaucoup de joueurs font l’acquisition d’Amiibo dans un but de collection. En 2015, nous voulons remettre l’accent sur l’intérêt ludique de ces figurines », précise Philippe Lavoué, le directeur général adjoint de Nintendo France.
Eh oui, le véritable intérêt des Amiibos réside dans « l’Amiibo-Game », la course à l’obtention d’une figurine rare !

Les égéries de la marque que sont Mario, Link et Donkey Kong sont toujours d’actualité. À l’opposé, dans la première série, le Wii Fit Trainer et le villageois d’Animal Crossing ne seraient plus fabriqués, un sort qui serait aussi réservé à Marth. Les fans les désignent d’ailleurs déjà comme « la Sainte Trinité » rassemblée sous le sigle « MTV ».

Par ailleurs, faute de série limitée, les collectionneurs se ruent sur les figurines entachées de petit défaut de fabrication. Les prix explosent sur eBay ! Une Samus dotée d’un canon à chaque bras atteint par exemple 2 500 dollars, alors qu’une Princesse Peach sans jambes sous sa jupe aurait été adjugée à 25 000 dollars sur eBay.

À cela, il faut ajouter certaines rumeurs, certains tweets alarmistes sur le site spécialisé Kotaku qui annonçaient des stocks limités pour certains modèles. Certains sont en effet plus difficiles à trouver que d’autres. Il n’en fallait pas plus pour faire exploser les prix sur fond de spéculation bien évidemment.

C’est ainsi que le jour même de sa sortie, Little Mac, le héros boxeur de Punch Out, est immédiatement en rupture de stock. C’est via le bouche-à-oreille, que les fans ont déterminé que le héros du vieux jeu de boxe de Nintendo allait devenir la prochaine figurine rare.

Tout cela entraine bien évidemment une dérive, des personnes qui achètent à double, à triple ou plus dans le simple but de créer la pénurie et d’alimenter le marché parallèle. C’est par exemple le cas de cette personne qui déclare : « Je déteste le personnage de Harmonie depuis qu’elle est apparue dans les jeux Super Mario Galaxy. Je déteste ses fans. Je vais les faire cracher et m’enrichir grâce à eux ». Il est ce qu’on surnomme un hoarder, un collectionneur qui stocke massivement sa marchandise, prenant un plaisir compulsif à priver les autres.

En 2015, même si Nintendo a perdu le contrôle du phénomène des Amiibo, la marque japonaise va tenter de continuer à entretenir cette euphorie pour que vous aussi, si ce n’est pas encore le cas, y cédiez.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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