Philae : décryptage des principaux enjeux scientifiques

Après sept mois d’hibernation, Philae s’est enfin réveillé. Quels sont les principaux enjeux scientifiques du retour à la vie du petit robot ?

Depuis mi-novembre, la communauté scientifique était dans l’attente du réveil de Philae, le petit robot posé à la surface de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Après une première phase d’exploration, tout le monde avait le secret espoir que l’engin se réveille pour en entamer une seconde.

C’est désormais chose faite vu que le robot a enfin redonné des signes de vie samedi dernier, après sept mois de silence radio. Alors qu’il faudra encore quelques jours avant que le robot soit opérationnel pour faire de l’exploration, le véritable enjeu qui se profile à l’horizon serait que Philae puisse faire un forage.

En effet, suite à son atterrissage mouvementé, le robot s’est retrouvé dans une position précaire qui a empêché le forage de la surface de la comète. En fait, une tentative a bien été effectuée au mois de novembre, mais elle s’est soldée par un forage dans le vide.

Le principal enjeu scientifique de Philae est donc de pouvoir forer le sol, jusqu’à 45 centimètres de profondeur.

Cette opération est compliquée et nécessite beaucoup d’énergie. C’est pour cette raison qu’elle ne sera pas tentée tout de suite. Cela va être d’autant plus compliqué qu’il faudra essayer de faire tourner Philae pour faire en sorte que la foreuse puisse atteindre la surface de la comète. Le hic, c’est que le robot n’est pas ancré à la comète et que le moindre mouvement peut engendrer des effets de déplacement, au risque de se retrouver dans une position encore plus précaire, voire carrément perdue…

Alors que Rosetta et Philae ont déjà reniflé le gaz autour de la comète, ce sondage est important, car il doit livrer de précieuses données sur la composition du matériau solide de la comète, notamment de sa composante riche en carbone. Alors que la taille de ces molécules permettrait d’en apprendre beaucoup plus, on ne sait rien à l’heure actuelle à leur sujet, ce qui est un manque vraiment important.

La connaissance pourrait avoir un rapport avec l’émergence de la vie vu qu’il a fallu de l’eau pour la Terre, mais aussi du carbone pour que la vie apparaisse.

Un autre enjeu de Philae est qu’il aurait normalement dû être mort s’il s’était posé à l’emplacement prévu, en raison d’une surchauffe de ses circuits. Son atterrissage mouvementé lui donne donc une seconde opportunité de faire des analyses, mais surtout la possibilité de le faire alors que la comète sera au périhélie, c’est-à-dire au plus proche du soleil le 13 août prochain. Alors que cela va être la phase la plus active de la comète, cette opportunité est une véritable aubaine scientifique.

Par contre, cette aubaine est aussi un risque…

En effet, la comète devient de plus en active, ce qui n’est pas sans danger pour Philae. Par ailleurs, les comètes sont fragiles et rien ne peut dire qu’elle ne va pas se disloquer à l’approche du soleil.

Depuis que Tchouri est observée de près, il est constaté qu’elle est très active au niveau du cou qui sépare les deux lobes. Une fissure est d’ailleurs apparue. Va-t-elle se casser ? Personne ne le sait, personne ne peut le prédire avec certitude. Elle peut se casser, comme elle peut encore faire de nombreux passages…

En cas de cassure, il faudrait que Rosetta s’éloigne pour observer ce qui se passe en toute sécurité. Cette même cassure serait nettement plus problématique pour Philae. L’espoir serait alors de pouvoir se rapprocher du bloc où serait posé le robot pour poursuivre la mission, pour autant que cela soit sans danger.

En fait, on sait surtout que Philae est désormais disponible pour nous en apprendre encore plus au sujet des comètes.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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