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Cette image est le premier panoramique envoyé par Philae depuis son site final d'atterrissage.

Philae : entre euphorie et inquiétudes

Sur le coup de 17h04, ce mercredi 12 novembre 2014, l’euphorie était de mise avec la réussite de l’atterrissage du module Philae sur la comète Tchouri. Depuis, ce sont plus les inquiétudes qui priment.

Le stress était palpable durant toute la journée du 12 novembre 2014, jusqu’à ce que le petit robot annonce qu’il avait bien atterri sur la comète Tchouri. Alors que l’euphorie générale a éclaté sur le coup de 17h04, le stress est depuis revenu. En effet, heure après heure, la situation du robot-laboratoire s’est avérée plus délicate que prévu.

Alors que Philae a réussi à se poser sur une comète, ce qui est un véritable exploit, il s’avère que ses deux harpons ne se sont pas déclenchés. Le fait que la surface soit très molle a amorti le choc, mais n’a pas empêché le robot de rebondir !

À première vue, il serait remonté jusqu’à 1 kilomètre d’altitude avant de retomber, grosso modo 1 kilomètre plus loin. De fait, au lieu d’être posé au point J comme prévu, Philae se trouve actuellement dans une grosse dépression, une sorte de cratère, à une distance relativement considérable du point visé.

Selon les données télémétriques, un pied de l’atterrisseur est en l’air, ce qui signifie que la caisse du module est certainement posée sur un caillou, une position qui n’est pas franchement favorable. De plus, le fait d’être dans un trou n’est pas bon non plus, car cela signifie moins d’ensoleillement, donc moins d’énergie, seulement 1h30 de soleil sur les 9 escomptés.

Une vanne dans le système de propulsion à gaz froid et une cause, pour le moment inconnue, qui a empêché les harpons de se déclencher font que c’est finalement un scénario catastrophe qui s’est déroulé pour Philae, vu qu’aucun des deux systèmes anti-rebond n’a fonctionné.
Alors qu’il serait possible d’éventuellement redéclencher les harpons, la plus grande prudence est de mise en raison de la faible gravité. N’importe quelle action mécanique pourrait faire bondir en l’air le robot.

De fait, la priorité actuelle est de découvrir la situation, par exemple ce qui se trouve devant les harpons, avant de prendre une décision.

Entre euphorie et inquiétudes, il est bon de signaler que Philae a très bien travaillé dans la nuit de mercredi à jeudi, que la première séquence d’analyses entièrement automatique s’est déroulée comme prévu. Des données, notamment de l’instrument Concert (le radar chargé de sonder la structure de la comète) sont d’ailleurs déjà arrivées.

Parmi les expériences potentiellement compromises par la situation précaire du module, toutes les interrogations vont vers la foreuse, le seul moyen de prélever des échantillons. Cette inconnue est de taille vu que les instruments Cosac, Civa-M et Ptolemy dépendent entièrement de la collecte de matériel cométaire.

Alors que Philae ne risque pas de bouger si aucune action mécanique n’est entreprise, la grande question est donc de savoir s’il faut actionner les harpons, quitte à provoquer un déplacement du module, ce qui pourrait être positif… ou négatif.

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