Les plus anciens Homo Sapiens découverts au Maroc

Une équipe internationale vient de découvrir les plus anciens Homo Sapiens à Jebel Irhoud au Maroc

Des fossiles d’Homo Sapiens datant de 300 000 ans trouvés au Maroc. Cette découverte fait reculer de 100 000 ans les origines de notre espèce.

Retrouvés à Jbel Irhoud dans la province de Youssoufia (région de Marrakech-Safi), cette découverte constitue un « véritable exploit », s’est félicité le professeur Abdelouahed Ben-Ncer, codirigeant de l’équipe internationale à l’origine de cette prouesse scientifique.

Cette équipe a été dirigée par le Pr Jean-Jacques Hublin de l’Institut Max Planck d’Anthropologie Evolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et le Pr Abdelouahed Ben-Ncer de l’Institut national d’Archéologie et du patrimoine de Rabat.

Cette découverte est exceptionnelle parce que l’âge géologique que nous avons obtenu à partir des fossiles repérés à Jbel Irhoud est au-delà de ce que nous espérions. C’est un « véritable exploit », a souligné le paléoanthropologue et professeur à l’Institut national d’archéologie et du patrimoine.

Ne cachant pas son émotion, Pr Ben-Ncer, chercheur passionné d’archéologie et de découverte a confié qu’il a vécu cette expérience comme un rêve qui se réalise, éprouvant à chaque étape de ce périple passionnant, un sentiment de satisfaction inégalé.

Il a également salué les efforts et le travail effectué par toute l’équipe qui l’a accompagné tout au long de cette aventure, évoquant notamment le professeur Jean-Jacques Hublin de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et du collège de France (chaire de paléoanthropologie), son partenaire de recherche et co-auteur de cette découverte.

Sud du site Jebel Irhoud (Maroc) avec le chantier de fouilles archéologiques au centre. Au moment où le site était occupé par les premiers hominidés, il aurait été une grotte.
Sud du site Jebel Irhoud (Maroc) avec le chantier de fouilles archéologiques au centre. Au moment où le site était occupé par les premiers hominidés, il aurait été une grotte.

Revenant sur un long processus qui a débuté en 2004, Pr Ben-Ncer a fait savoir qu’il a fallu d’abord réaliser une grande opération de déblaiement à Jbel Irhoud pour dégager le site avant d’entamer les opérations de fouilles archéologiques.

Il a été ainsi procédé à l’enlèvement de 200 m² de gros blocs de pierre pour avoir accès aux couches archéologiques proprement dites, a-t-il expliqué, relevant que des fouilles minutieuses ont été ensuite effectuées avec un repérage de chaque objet sorti en utilisant des techniques modernes tels que la 3D.

Grâce à ces fouilles, de nouveaux fossiles viennent s’ajouter aux six découverts lors de la première génération de fouilles dans les années 60, faisant passer le nombre des fossiles repérés au niveau de Jbel Irhoud à 22, a précisé Pr Ben-Ncer.

Ces multiples découvertes reflètent la richesse du site d’Irhoud, un gisement « très généreux » sur le plan archéologique, a-t-il souligné, notant qu’aux côtés de « ces fossiles qu’on a retrouvés, d’autres vestiges ont été repérés au moment des fouilles en l’occurrence de l’industrie lithique et des restes d’animaux ».

Quelques outils de pierre du "Middle Stone Age" de Jebel Irhoud (Maroc)
Quelques outils de pierre du « Middle Stone Age » de Jebel Irhoud (Maroc)

Afin d’estimer l’âge de ces fossiles, Pr Ben-Ncer a relevé que son équipe a eu recours aux méthodes de datation les plus avancées comme la thermoluminescence et la résonance de spin électronique (ESR), qui ont convergé vers la même date (près de 300.000 ans).

Et d’ajouter que « Jusqu’à cette découverte, l’origine de l’Homme moderne pour la majorité des spécialistes remontait à une population qui vivait en Afrique de l’Est il y a 200.000 ans, tandis que l’Afrique du Nord a été toujours négligée pour ce qui est des débats sur l’origine de l’espèce humaine ».

« Grâce à cette découverte, on peut dire que le Maroc est le berceau de l’humanité moderne incarnée par l’espèce Homo sapiens », a-t-il souligné.

Concernant les caractéristique morphologiques des Homo sapiens de Jbel Irhoud, il a relevé que cette espèce se distingue par une grande capacité cérébrale avec des aspects archaïques au niveau du crâne en raison de la présence d’un cerveau développé et d’un cervelet réduit.

Pour ce qui est de leur morphologie faciale, Pr Ben-Ncer a indiqué qu’elle est quasiment la même que celle des Hommes actuels, notant que « la forme de la face de l’Homme moderne s’est installée depuis l’émergence de l’Homo sapiens, tandis que le cerveau et le crâne ont continué d’évoluer pour arriver à la forme actuelle ».

Pr Ben-Ncer a, par ailleurs, assuré que son équipe ne s’arrêtera pas en si bon chemin, faisant savoir qu’une nouvelle campagne de fouilles est prévue pour le mois d’octobre prochain à Jbel Irhoud.

« J’espère que ces fouilles nous permettront de découvrir de nouveaux fossiles pour arriver à la fin à une collection digne de musées », a-t-il conclu.


Votes
[Total : 1 votes en moyenne : 5]
PARTAGER
Article précédentOrange Digital Investment : 50 millions d’euros dédiée aux start-up en Afrique
Article suivantToyota lance la campagne « l’hybride pour tous ! »
Une fille dans l'informatique était mal vue à l'époque de mes études. C'est pour cette raison que l'on m'a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m'a plu. C'est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l'information m'a poussé à suivre des cours de journalisme. Comme j'avais la propension de centraliser l'actualité technologique, un ami m'a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C'est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l'aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m'intéressent le plus.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here