Police : doigt recréé par impression 3D pour déverrouiller un smartphone

Comment déverrouiller un smartphone protégé par biométrie lorsque son propriétaire est décédé ? La police du Michigan fait appel à l’impression 3D.

Depuis qu’Edward Snowden a révélé les pratiques abusives de la NSA, tous les fabricants d’appareils mobiles ont fait de la sécurité une priorité. C’est ainsi qu’Apple et Google ont instauré du cryptage natif dans leur système d’exploitation mobile ou encore qu’ils ajoutent des lecteurs d’empreintes digitales pour verrouiller et protéger les accès. Si le côté face de ces mesures est d’apporter plus de sécurité aux utilisateurs, le revers de la médaille est que cela complique sérieusement la tâche des autorités. C’est ce qui avait donné lieu à un bras de fer entre le FBI et Apple au sujet du déverrouillage d’un iPhone 5c utilisé par l’auteur de l’attaque de San Bernardino (États-Unis).

Aujourd’hui, on apprend que la police du Michigan s’est retrouvée bloquée par la sécurité biométrique d’un smartphone, un lecteur d’empreintes digitales. Dans le cadre d’une enquête pour meurtre, elle cherchait à déverrouiller le téléphone alors que son propriétaire était décédé, donc dans l’impossibilité de le faire lui-même.

Recours à l’impression 3D

C’est donc pour accéder aux données de ce mobile en contournant la sécurité biométrique du terminal que la police a approché Anil Jain, professeur de l’Université d’État du Michigan. Lui et son laboratoire doivent recréer un doigt par impression 3D.

Sans savoir si cela va fonctionner, le but de cette demande est de savoir s’il est possible de débloquer un téléphone en utilisant des empreintes digitales imprimées en 3D. Les empreintes de l’homme ont été confiées au laboratoire pour qu’elles soient transformées en une réplique en 3D. Parce que n’importe quel doigt pourrait servir de clé pour verrouiller l’appareil, les dix doigts ont été recréés pour qu’ils puissent tous être testés.

Pour tromper le capteur du lecteur d’empreintes digitales, Anil Jain a rajouté un revêtement spécial. Pour l’heure, personne ne sait si les empreintes digitales imprimées en 3D ont réussi à déverrouiller le téléphone, le processus n’étant pas encore terminé.

Des préoccupations sur le respect de la vie privée

Alors que le respect de la vie privée devient de plus en plus une préoccupation majeure pour de nombreuses personnes, l’utilisation de l’impression 3D pour contourner les sécurités mises en place dans les smartphones inquiète. En effet, qu’en est-il du respect de la vie privée si les autorités peuvent accéder si facilement aux données d’un téléphone ?

Cette préoccupation est parfaitement légitime aux États-Unis où tous les suspects arrêtés se font prendre leurs empreintes digitales. De fait, toutes ces empreintes sont autant de données disponibles que les autorités pourraient théoriquement utiliser pour déverrouiller des mobiles.

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