Pornovengeance : nue pour ne pas avoir honte de son corps

Victime de pornovengeance, Emma Holten a décidé de se dévoiler nue pour montrer aux autres victimes qu’il ne faut pas avoir honte de son corps et des abus dont elles sont la cible.

C’est en octobre 2011 que le cauchemar d’Emma Holten a débuté, lorsque quelqu’un a usurpé les accès à ses courriels et à son compte Facebook pour répandre des photos d’elle nue, un cas typique de revenge porn, de pornovengeance.

Trois ans plus tard, cette jeune Danoise de 23 ans se dévoile de nouveau sur internet dans le plus simple appareil, mais cette fois par choix, dans le cadre de son projet Consent (consentement).

Emma Holten explique qu’en tant que victime de pornovengeance, le plus dur est de recevoir de nombreux messages très négatifs, très haineux, très vindicatifs d’hommes. Elle explique que la pornographie non consensuelle ne consiste pas simplement à voir une femme nue, mais surtout à observer une personne qui en souffre : l’explication la plus simple étant la misogynie.

Sachant que la pornographie non consensuelle est souvent utilisée pour faire chanter les victimes afin d’obtenir d’elles de nouvelles photos, de l’argent, des relations sexuelles, Emma Holten a décidé de s’exprimer publiquement pour que personne ne puisse la faire chanter, d’où ses nouvelles photos d’elle nue, mais cette fois consenties. « Ces photos montrent que je m’en fous, que je veux parler de quelque chose d’autre. C’est une prise de position contre ceux qui m’ont harcelée, je ne veux pas leur donner le pouvoir d’utiliser mon corps contre moi », explique la jeune femme.

Son action, dans le cadre du projet Consent, vise également à soulever des questions telles que pourquoi est-ce un si gros problème ? Pourquoi des photos de femmes nues posent-elles tant de difficultés ? Pourquoi les gens sont-ils si fascinés par le non-consentement ?

Bien que de nombreuses personnes ne comprennent pas qu’elle publie de nouvelles photos d’elle nue, ces gens comprennent lorsqu’elle explique qu’il s’agit de ne pas avoir honte de son corps, ce qui incitent les gens à comprendre que nous devons avoir un débat sur le corps de la femme, sur ce qu’il veut dire et pourquoi c’est si difficile pour les jeunes femmes d’avoir une sexualité sans être harcelées.

Emma Holten explique qu’elle reçoit 200 courriels par jour de gens qui disent que « c’est merveilleux et inspirant », ce qui laisse à penser que son initiative est bien.

Face à la pornovengeance, Emma Holten estime qu’il faut des lois meilleures, des textes qui exigent notamment plus de responsabilités des sites qui publient ces photos. Elle explique par exemple que « Beaucoup de sites, de gros sites, ont fait de l’argent avec moi, contre mon gré. Ils n’en sont pas tenus responsables en vertu des lois américaines et européennes ».

Est-ce que le projet Consent d’Emma Holten va faire évoluer les choses en matière de pornovengeance ? Espérons-le pour les prochaines victimes.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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