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Rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR : mauvaise nouvelle pour les consommateurs

Rien n’est encore décidé au sujet du rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR. Mais si cela devait arriver, il s’agirait d’une mauvaise nouvelle pour les consommateurs.

Est-ce que Bouygues Telecom va se faire avaler par Numericable-SFR ? Cette acquisition est à l’heure au stade d’une offre d’achat de 10 milliards d’euros. Pour que les négociations au sujet de cette transaction démarrent, il faut que le conseil d’administration de Bouygues accepte d’entrer en matière, c’est pour cette raison qu’il se réunira ce mardi.

Pour autant que cette acquisition se concrétise, cela signifierait un passage à trois opérateurs, avec toutes les conséquences que cela comporte pour les consommateurs.

Bien que les patrons des opérateurs se soient déclarés favorables à un retour à trois opérateurs, cette considération ne vise qu’a redoré leurs marges, des marges sérieusement écornée par l’arrivée de Free vu les prix dans la téléphonie ont globalement baissé de 30% en France et que les excédents bruts d’exploitation des trois opérateurs historiques ont fondu de 4 milliards d’euros.

Ce retour à trois opérateurs pourrait donc être synonyme de hausse des factures. « On peut avoir la crainte que les prix n’augmentent », avait annoncé Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir, lorsque l’évocation de la consolidation avait été faite l’année dernière. « Ce n’est pas une hypothèse farfelue, c’est ce qu’ont connu les Autrichiens quand leur marché est passé de quatre à trois opérateurs », avait-il souligné.

En effet, en passant de quatre à trois opérateurs, les tarifs en Autriche ont augmenté de 18,7% entre 2013 et 2014.

Si Arnaud Montebourg, à l’époque, était favorable en affirmant : « nous ne pouvons continuer aujourd’hui avec une concurrence échevelée et des prix les plus bas du monde. », ce n’est pas l’avis de l’actuel ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Selon lui : « La consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable pour le secteur. L’emploi, l’investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d’une consolidation sont à ces égards négatives, comme l’ont prouvé les cas récents en Europe ».

« Si on revient à trois opérateurs, on risque d’avoir de l’entente, on risque d’avoir des prises de marge et une tarification trop élevée », a prévenu François Carlier, délégué général de l’association de défense des consommateurs CLCV.

L’impact de l’éventuel rachat de Bouygues Telecom par Numerocable-SFR sera aussi sur l’emploi. Alors que les opérateurs historiques ont multiplié les annonces de plans de licenciement, qu’en sera-t-il ?

Selon l’INSEE, les 40 000 emplois détruits dans le secteur des télécoms entre 2001 et 2010 ne sont pas à mettre sur le dos de Free, vu que le dernier venu n’était pas encore là. Son arrivée a d’ailleurs stoppé l’hémorragie de l’emploi, même si elle a repris depuis avec une diminution de 3 000 à 4 000 emplois en 2013, et sans doute autant en 2014, des suppressions faites souvent par non-remplacement des départs à la retraite, alors que Free Mobile a aussi créé quelque 50 000 emplois.

Qu’en sera-t-il des doublons entre Bouygues Telecom et Numericable-SFR ? Ils risquent bien de passer à la trappe !

« Ce serait une catastrophe pour l’emploi au regard des doublons en interne et dans la filiale télécoms », déplore Fabrice Pradas, délégué central de l’UNSA. « Cela va être une catastrophe socialement, parce qu’il y a des doublons partout : on aura deux directions ‘réseau’, deux directions ‘informatique’, deux directions ‘support’ », surenchérit Azzam Ahdab, de la CFDT.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, dénonce « une catastrophe sociale » et « une vraie opération financière sans stratégie industrielle ».

Comme il s’agit d’intérêt privé, le gouvernement ne pourra pas véritablement s’opposer à cette tentative de rachat, même si l’Autorité de la concurrence doit donner son aval. Sans levier direct sur ce rachat, le lobbying devrait être important pour tenter de bloquer les choses.

Alors que la France est à la traine en matière de couverture 4G par rapport au reste de l’Europe, cette consolidation pourrait être un moyen de relancer les investissements, ce qui reste bien évidemment à prouver.

La situation est donc indécise entre partisans et opposants à la consolidation alors même que les négociations sur ce rachat ne sont pas véritablement de leur compétence. Cela signifie que l’on devrait très prochainement réentendre parler de ce dossier, dès demain d’ailleurs, avec la décision du conseil d’administration de Bouygues.

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