Rapport parlementaire sur les conséquences des écoutes de la NSA

On a déjà passablement parlé des écoutes massives de la NSA. Un rapport parlementaire dresse un bilan des conséquences pour la France et l’Europe des pratiques de l’agence américaine.

C’est suite aux publications d’Edward Snowden que le monde a découvert les pratiques de la NSA. Aujourd’hui, c’est un rapport parlementaire qui dresse un bilan instructif de ses conséquences pour la France et l’Europe. C’est au nom de la délégation parlementaire au renseignement que le socialiste Jean-Jacques Urvoas a dressé ce bilan.

Dans son document, un chapitre est dédié aux leçons à tirer des révélations sur la NSA.

Avec ses 35 000 employés et son budget d’environ 10,8 milliards de dollars, le rapport insiste sur l’incroyable investissement des États-Unis dans le renseignement technique afin de mieux souligner l’effort que doit maintenir la France dans ce domaine. « Les services américains se saisissent donc de toutes les opportunités, leurs ingénieurs repoussent sans cesse les limites connues, accumulent des savoirs et des pratiques inédites dans l’histoire contemporaine… […] On peut donc imaginer que, depuis, les investissements ont continué à croître puisque la réforme a minima proposée par le président Barack Obama en janvier 2014 a été sèchement rejetée par le Sénat, le 18 novembre dernier ».

Soulignant l’aspect purement légal, du point de vue des lois américaines, des actions de la NSA, le rapport met en évidence la fragilité intrinsèque de l’appareil de renseignement américain en pointant du doigt sa politique massive d’externalisation voire de privatisation. « À l’évidence, les services sont devenus dépendants de l’industrie dont les motivations sont rarement altruistes. Ainsi ce qui était de longue date une fonction régalienne est devenue une vaste entreprise menée conjointement par l’État et les milieux d’affaires ».

Le document s’interroge également de la dépendance technique de nombreux pays européens à l’égard des États-Unis. « À l’évidence une telle situation illustre l’absence de souveraineté européenne, ce que l’on peut amèrement regretter ».

Grâce au développement de capacités toujours plus autonomes, notamment par la DGSE, l’auteur souligne que la France serait un modèle réellement à part, une occasion pour lui de lancer un plaidoyer pour expliquer la différence d’action de la NSA et de la DGSE : « là où la NSA intercepte et stocke massivement les flux de communication, puis sollicite des autorisations pour exploiter les informations conservées, la DGSE sollicite des autorisations de collecte extrêmement précises et ciblées sur des zones de crise ou de menace ».

« Il faut que les opinions publiques comprennent que le principal facteur d’aliénation de la liberté individuelle réside dans l’abandon des données consenti par chacun. Et pour la DPR, ce risque est bien plus dangereux pour le citoyen que l’activité exercée par les services de renseignement », souligne le rapport pour appeler à une réelle prise de conscience de la dangerosité potentielle des grandes entreprises de l’internet.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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