Les rayons cosmiques sont un risque pour le cœur, pas pour les cancers

Une étude montre que l’exposition aux rayons cosmiques des astronautes est un risque pour la santé, notamment pour les maladies cardiovasculaires. Le risque ne concerne pas les cancers.

À l’heure où la NASA est déjà en train de préparer le premier voyage habité en direction de Mars, la question de la santé des astronautes est au cœur de toutes les préoccupations. Hormis les risques intrinsèques inhérents à une telle mission, les effets du rayonnement cosmique suscitent de nombreuses interrogations. En effet, il est estimé qu’ils sont dommageables pour la santé.

« Nous connaissons très peu les effets des radiations de l’espace sur la santé humaine, particulièrement sur le système cardiovasculaire », a confié Michael Delp, principal auteur de l’étude publiée jeudi dans Scientific Reports. « Elle nous donne un premier aperçu de l’impact négatif que ces radiations peuvent avoir sur les hommes », a ajouté le chercheur de l’Université d’État de Floride.

Les astronautes d’Apollo plus concernés par des maladies cardiovasculaires

À défaut de pouvoir étudier des astronautes ayant volé vers Mars, cette étude compare la santé de ceux qui ont été sur la Lune dans le cadre des missions Apollo avec ceux qui sont restés plus proches de la Terre en séjournant à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Les conclusions sont que les astronautes des missions Apollo meurent plus facilement de maladie cardiovasculaire que leurs homologues restés plus proches de notre planète, une différence qui s’explique vraisemblablement par une plus grande exposition aux radiations cosmiques.

Le programme Apollo de la NASA s’est déroulé entre 1961 et 1972. Neuf des onze vols habités sont allés au-delà de l’orbite terrestre basse, orbite sur laquelle est actuellement située l’ISS. Sur les 24 hommes du programme qui ont volé dans l’espace lointain, huit sont désormais morts. « 43 % des décès des astronautes d’Apollo sont dus à un problème cardiovasculaire », explique l’étude. « Cela fait près de cinq fois plus que pour les astronautes décédés qui n’ont jamais volé [9 %] et quatre fois plus que pour ceux qui sont restés sur une orbite basse [11 %] », précise l’étude.

Pas de risque accru de cancer

Au sujet des vols habités en direction de Mars, l’étude prévient que « Ces résultats suggèrent que les vols habités dans l’espace lointain pourraient être plus dangereux sur le plan cardiovasculaire qu’on ne le pensait auparavant ». Par contre, les scientifiques n’ont pas trouvé de différence au niveau des risques de cancer.

Pour valider leurs résultats, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris. Après les avoir exposées au même type de radiations que celles subies par les astronautes d’Apollo, elles ont présenté des atteintes des artères au bout de six mois, soit l’équivalent de 20 ans chez un homme. « Cela démontre que les radiations de l’espace lointain sont mauvaises pour la santé vasculaire », explique Michael Delp.

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