Rosetta : l’eau océanique de la Terre ne proviendrait pas de comète

Une des premières conclusions scientifiques de la mission Rosetta est que la sonde n’a pas trouvé d’eau océanique dans la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, ce qui signifie que l’eau océanique de la Terre ne provient pas uniquement des comètes.

L’eau est symbolisée par la formule chimique H2O. Dans cette formule, l’hydrogène est symbolisé par la lettre H. En réalité tous les hydrogènes ne sont pas exactement les mêmes, il peut s’agir de l’atome de l’hydrogène, mais aussi de deutérium, des cousins plus lourds symbolisés par la lettre D. C’est ainsi que ces atomes plus lourds peuvent remplacer ceux plus légers de l’hydrogène pour former des molécules apparentées à l’eau, comme l’HDO. Dans nos océans, 10 000 molécules d’eau comportent 3 molécules plus lourdes.

L’une des premières conclusions scientifiques de la mission Rosetta est que l’eau découverte sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko contient trois fois plus de molécules lourdes que l’eau océanique sur Terre. « Cette mesure du ratio de deutérium par rapport à l’hydrogène dans l’eau est l’un des résultats les plus fondamentaux de la mission, dont c’était l’un des objectifs majeurs », explique Olivier Mousis, coauteur de l’article et professeur à l’université de Franche-Comté.

« Ce résultat écarte probablement l’hypothèse que les comètes ont apporté l’eau sur Terre. Celle-ci a pu arriver à la suite d’un bombardement d’astéroïdes plutôt que par des comètes », explique pour sa part Kathrin Altwegg, responsable de l’instrument Rosina à l’université de Berne.

C’est dans la revue Science du 10 décembre que l’équipe internationale de l’instrument Rosina rend son verdict sur la composition de l’eau découverte sur la comète.

Cette découverte est importante, car jusqu’à présent, les mesures concernant les astéroïdes, tout du moins les météorites récupérées sur Terre, ne montrent pas de différence dans la composition de leur eau avec celle des océans.

Il est bon de préciser que les astéroïdes sont des corps orbitant plus près de la Terre que les comètes. Les premiers évoluent au-delà de l’orbite martienne alors que les secondes, comme Tchouri, stationnent généralement bien au-delà de l’orbite de Neptune. Les astéroïdes sont également moins actifs vu que leur noyau contient moins de glace et ne dégazant pas son eau comme le font les comètes.

Alors que, 800 millions d’années après le début de la formation du système solaire, la période dite du grand bombardement aurait vu un grand nombre d’astéroïdes tomber sur Terre, la découverte faite par Rosetta permet d’exclure les comètes en tant que source principale d’eau pour la Terre. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’y ont pas contribué en partie vu que les mesures de comète Hartley-2, de la même famille que Tchouri avait révélé aussi peu de deutérium que dans nos océans. Il faut préciser à ce sujet que les mesures sur ces deux comètes n’ont pas été faites par les mêmes instruments.

La découverte faite par Rosetta nécessite surtout que les astronomes vont devoir réviser leurs modèles, car, même si ces deux comètes ont des orbites assez semblables autour du Soleil, elles ne se seraient pas formées au même endroit. Les théories estiment en effet que les processus chimiques transformant le deutérium en hydrogène dépendent de la distance au Soleil, l’enrichissement étant plus fort loin de l’étoile. « C’est vraiment intéressant de constater cette diversité. Tout n’est pas aussi simple qu’on voulait bien le croire », constate Kathrin Altwegg.

Alors que cette première conclusion scientifique de la mission Rosetta lance déjà le débat, Matt Taylor, le responsable scientifique de Rosetta à l’Agence spatiale européenne (ESA), précise : « Nous débutons cette phase scientifique de la mission par un résultat fantastique. Et il va y en avoir beaucoup d’autres ! ». De fait, dès la semaine prochaine, de nouveaux résultats seront présentés à l’occasion de la conférence de l’Union américaine de géophysique. Des articles dans la revue Science sont également annoncés pour la fin janvier.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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