Rosetta suggère que les océans ont été créés par les astéroïdes

Vu que la composition chimique de l’eau découverte sur la comète Tchouri est différente de celle de nos océans, cela suggère que ceux-ci ont été créés par les astéroïdes.

Les premiers résultats scientifiques publiés au sujet de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko sèment déjà le trouble dans la communauté des chercheurs. En effet, ils remettent en cause la théorie que les comètes auraient apporté l’eau qui compose nos océans.

La provenance de l’eau sur Terre est une question qui a longuement été débattue. Il semble établi qu’elle provienne d’un bombardement de comètes survenu il y a quelques 3,8 milliards d’années.

Les premiers résultats scientifiques concernant la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko remettent en doute cette théorie vu que l’eau découverte sur la comète n’est pas compatible avec cette de l’eau sur Terre.

Les comètes, telles que Tchouri, ont beau être composées de glace, donc d’eau solidifiée, cela ne signifie pas pour autant que la composition chimique de l’eau soit la même sur une comète que sur Terre. En effet, l’eau peut être caractérisée par sa teneur en eau lourde, c’est-à-dire le taux de présence de molécule HDO formée avec du deutérium, un isotope plus lourd que l’hydrogène.

C’est de cette manière que les chercheurs en charge du spectromètre de la sonde Rosetta ont découvert que le ratio entre l’eau lourde et l’eau normale de Tchouri est trois fois supérieur à celui de l’eau terrestre.

Alors que les analyses de la comète Hartley 2 avaient révélé une eau compatible, la découverte faite sur Tchouri bouleverse la donne avec une eau totalement incompatible.

C’est ainsi que le géophysicien Nicolas Dauphas de l’Université de Chicago déclare : « C’est une étude très excitante qui soulève plus de questions qu’elle n’en répond ».

Comme l’explique la chercheuse Kathrin Altwegg, de l’université de Berne (Suisse), la découverte faite par Rosetta permet d’exclure les comètes issues de la ceinture de Kuiper comme étant la source d’eau de la Terre. C’est ainsi qu’elle soumet l’hypothèse que cela ne soit pas les comètes qui aient apporté l’eau sur notre planète, mais les astéroïdes.

Selon elle, ces petits corps rocheux en grande partie trouvés entre Mars et Jupiter auraient pu contenir de l’eau à l’origine, lorsque le Soleil n’est pas aussi puissant qu’actuellement.

L’avantage de cette hypothèse est qu’elle tient compte d’un autre modèle qui avance que le taux de deutérium est plus élevé, plus les objets sont créés loin du Soleil.

Sans vouloir mettre en doute les découvertes faites par Rosetta sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, d’autres experts sont plus dubitatifs au sujet de ces nouvelles hypothèses. Ils considèrent par exemple que la composition de chaque comète peut être différente d’une autre, notamment en raison du fait que la composition de seulement un petit nombre de comètes est connu.

D’autres scientifiques émettent aussi l’hypothèse que la composition de la surface de Tchouri n’est pas la même que celle de son cœur en préconisant d’attendre que la comète se rapproche du Soleil pour commencer à fondre et, de ce fait, peut-être révéler une autre teneur de deutérium sous son écorce.

Ce qui est certain, c’est que ce premier résultat scientifique de la mission Rosetta tient toutes ses promesses en relançant le débat autour des théories sur la création de l’univers et de la Terre, ce qui était le but de cette mission.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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