Xiaomi : les raisons de son succès

Quatre ans après sa fondation, Xiaomi a réussi l’exploit de devenir le numéro trois mondial, derrière Samsung et Apple. Quelles sont les raisons d’un tel succès ?

Même si Xiaomi s’est fait supplanter par Lenovo suite à son rachat de Motorola, la marque chinoise a réussi l’exploit de se hisser un temps à la troisième place mondiale, derrière Samsung et Apple. Il s’agit bel et bien d’un exploit vu qu’il n’aura fallu que quatre ans pour y parvenir.

À l’origine, pendant deux ans, Xiaomi s’est focalisé sur le marché chinois. Dès 2013, l’entreprise s’est lancée à la conquête de Hong Kong et Taiwan, puis de l’Asie du Sud-Est, et de l’Inde l’été dernier. Alors que le marché mondial s’ouvre à elle, elle a annoncé retarder ses projets d’expansion sur le marché international.

Souvent qualifié d’Apple chinois, Xiaomi possède plusieurs liens avec la marque à la pomme par exemple son patron, Lei Jun, qui a adopté le look décontracté de Steve Jobs en se vêtant la plupart du temps d’un jeans et d’une chemise noire. Il a même osé la célèbre expression « one more thing » (« une dernière chose ») lors d’une présentation à Pékin le 22 juin dernier. Par ailleurs, les détracteurs de Xiaomi accusent l’entreprise chinoise de copier le design des iPhone.

À ce sujet, Hugo Barra, ex-responsable d’Android chez Google embauché par Xiaomi, a déclaré : « Je crois que c’est génial qu’Apple ait pris des idées déjà existantes qui étaient très bonnes et leur ait ajouté une touche de design. C’est ce qu’ils font. C’est ce que nous faisons. »

Pour réussir, Xiaomi s’est peut-être bien inspiré du côté d’Apple. Mais sa force est surtout de proposer des appareils à prix presque coutant vu que la marque se réserve un profit de seulement 10%. De fait, ses modèles les moins chers qui se caractérisent par un design soigné et des composants de qualité se vendent aux alentours de 100 dollars. L’autre force de Xiaomi est que sa réputation s’est forgée sur le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, ce qui lui évite d’utiliser de la publicité traditionnelle. Condition directe de cette popularité, les appareils se vendent inopinément en ligne et sont en rupture de stock quelques minutes plus tard, une rareté qui augmente encore la notoriété de la marque.

Si Xiaomi ne s’enrichit pas sur ses appareils, s’est par le biais de sa boutique en ligne qu’il tire ses profits, plus de 10 milliards de téléchargements par mois.

Une autre force de la marque chinoise est sa communauté d’utilisateurs. Baptisée Mi fans, celle-ci innove constamment. C’est par exemple ainsi que son système d’exploitation MIUI, basé sur Android, est mis à jour toutes les semaines par le bais de la communauté de développeurs.

Pour Xiaomi, qui signifie « millet » ou « petit grain de riz » et se prononce « chiaomi », l’ambition est de tripler le nombre de ses utilisateurs dès l’année prochaine pour atteindre les 200 millions. Le 20 novembre dernier, Lei Jun a annoncé que Xiaomi pourrait détrôner Samsung et Apple d’ici « cinq à dix ans ». Pour se convaincre de cette montée en puissance fulgurante, voici quelques chiffres :

· Le 11 novembre dernier, à l’occasion de la seule « Journée des célibataires », 1,16 million de téléphones Xiaomi ont été vendus en Chine.
· Au troisième trimestre de 2014, Xiaomi détenait 5,3% du marché mondial des téléphones intelligents derrière Samsung (23,8%) et Apple (12%).
· Entre 2013 et 2014, le nombre d’exemplaires vendus par Xiaomi a augmenté de 209%.
· La boutique d’applications de Xiaomi enregistre quotidiennement 50 millions de téléchargements.
· En négociation pour obtenir du financement privé, la valeur de Xiaomi pourrait être actuellement de 40 milliards de dollars.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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