Deux ans après la première démonstration mondiale où Noland Arbaugh contrôlait un curseur par la pensée, Neuralink entame en ce début 2026 sa phase d’industrialisation. Avec une douzaine de patients implantés et une procédure chirurgicale désormais quasi-entièrement automatisée, l’entreprise d’Elon Musk dépasse le stade de la simple preuve de concept pour viser la restauration sensorielle complète via le projet Blindsight. Analyse technique d’une transition majeure, du contrôle moteur élémentaire à la production de masse.
L’essentiel
- Cohorte étendue : En janvier 2026, environ 12 patients ont reçu l’implant N1, validant la stabilité du dispositif sur le long terme.
- Production de masse : Neuralink lance cette année la fabrication à grand volume de ses interfaces cerveau-machine, couplée à une chirurgie robotisée simplifiée.
- Correction logicielle : Les problèmes de rétractation des fils observés en 2024 ont été résolus par des mises à jour algorithmiques (OTA) et un ajustement de la profondeur d’insertion.
- Nouvelle frontière : Le dispositif « Blindsight », désigné « Breakthrough Device » par la FDA, vise désormais la restauration de la vue, même pour les cécités congénitales.
De la preuve de concept à l’usage quotidien
L’histoire retiendra janvier 2024 comme le moment de bascule : Noland Arbaugh, tétraplégique, devenait le premier humain à jouer aux échecs et à Civilization VI par la seule force de l’esprit. Ce « Hello World » neurologique a démontré la viabilité de l’implant N1, un dispositif de la taille d’une pièce de monnaie doté de 1 024 électrodes réparties sur 64 fils ultra-fins.

Si cette première implantation a connu des défis, notamment la rétractation partielle des fils (les électrodes perdant le contact avec le cortex moteur), la réponse de Neuralink fut purement logicielle. À l’instar d’une mise à jour de véhicule Tesla, les ingénieurs ont recalibré l’algorithme d’enregistrement pour qu’il soit plus sensible aux signaux neuronaux restants.
Cette approche a été validée dès août 2024 avec « Alex », le second patient, qui a pu utiliser des logiciels de CAO comme Fusion 360 et jouer à des FPS compétitifs sans subir les mêmes pertes de signal, grâce à des mesures d’atténuation chirurgicales réduisant le mouvement du cerveau durant l’opération.
L’architecture technique de l’implant N1 en 2026
Le dispositif actuel repose sur une architecture invasive nécessaire pour obtenir une bande passante élevée. Contrairement aux solutions endovasculaires comme celles de Synchron, qui captent des signaux globaux, le N1 pénètre le tissu cortical pour enregistrer les potentiels d’action (spikes) individuels.

La grande nouveauté de 2026 réside dans l’évolution de la procédure chirurgicale. Elon Musk a confirmé le passage à une chirurgie où les fils traversent la dure-mère sans nécessiter son retrait complet, une avancée majeure qui réduit drastiquement les risques post-opératoires et la durée de l’intervention. Le robot R1, pièce maîtresse de cette stratégie, est désormais capable d’insérer les fils avec une précision micrométrique en évitant les vaisseaux sanguins, condition sine qua non pour l’industrialisation annoncée.
Blindsight : vers la restauration sensorielle
Si « Telepathy » (le contrôle du curseur) est désormais une technologie maîtrisée, l’année 2026 marque le début concret du programme « Blindsight ». Ayant reçu le statut de dispositif révolutionnaire par la FDA, ce projet ambitionne de contourner l’œil et le nerf optique pour stimuler directement le cortex visuel.
La promesse technique est audacieuse : permettre à des personnes aveugles, y compris de naissance, de percevoir des phosphènes structurés formant une image. Les essais cliniques prévus cette année doivent valider si la résolution offerte par les 1 024 canaux actuels est suffisante pour une navigation autonome, ou si les générations futures de puces (déjà en développement) seront nécessaires pour atteindre une définition exploitable au quotidien.
FAQ
Non, bien que la production de masse soit lancée, le dispositif reste réservé aux essais cliniques (étude PRIME et ses suites). L’accès est strictement priorisé pour les patients atteints de quadriplégie ou de SLA (sclérose latérale amyotrophique).
La solution est mixte : une modification chirurgicale pour insérer les fils plus profondément (8 mm contre 3 à 5 mm initialement) et réduire l’espace entre l’implant et le cerveau, couplée à un algorithme de décodage plus performant qui isole mieux les signaux des neurones individuels.
La différence fondamentale est l’invasivité et la performance. Synchron utilise un « stentrode » inséré via les vaisseaux sanguins (sans ouvrir le crâne), ce qui est plus sûr mais offre une bande passante de données plus faible. Neuralink pénètre le cortex, offrant une résolution suffisante pour des tâches complexes comme le contrôle de jeux vidéo rapides ou la restauration de la vue.


