ChatGPT devient un outil de programmation à part entière avec l’agent Codex

Louis Girard
Rédigé par Louis Girard
Interface Codex dans ChatGPT affichant une requête en langage naturel pour corriger du code dans un projet
L’agent Codex permet de générer, corriger et analyser du code directement dans l’interface de ChatGPT grâce à des commandes en langage naturel.

OpenAI intègre un agent de génération de code dans ChatGPT. Derrière cette nouveauté technique, c’est toute l’industrie du développement logiciel qui vacille, entre promesses de productivité et angoisses sociales.

Un bouton “Code” vient d’apparaître dans ChatGPT. Pour les abonnés Pro, Team ou Enterprise, c’est bien plus qu’un détail d’interface. Derrière ce clic discret, OpenAI introduit un agent baptisé Codex, capable de manipuler du code en langage naturel. Corriger un bug, ajouter une fonction, répondre à une question sur un dépôt, voire suggérer une pull request… le tout dans un espace sécurisé, isolé dans le cloud, prêt à exécuter chaque tâche dans un environnement dédié. Rien n’est laissé au hasard. Pas même les traces de ce que fait l’agent : journaux, tests, résultats vérifiables.

Ce n’est plus une démonstration de principe. Ni un proof of concept pour conférence tech. C’est une proposition frontale à ceux qui écrivent du code tous les jours. Un copilote dans l’éditeur. Dans ChatGPT, littéralement. On lance une requête depuis la barre latérale, on bascule entre “Code” et “Ask”, et l’agent s’exécute. Pas besoin de pipeline, ni de configuration obscure. Le code parle enfin la langue courante.

Depuis quelques semaines, les signaux s’accumulent. Codex CLI, une version en ligne de commande, avait ouvert la voie mi-avril. Aujourd’hui, la version embarquée dans ChatGPT repose sur une déclinaison spécialisée du modèle GPT-4o, optimisée pour le développement. Et elle s’annonce comme un produit de long terme. Certains développeurs iront jusqu’à glisser un fichier AGENTS.md dans leur dépôt, juste pour orienter Codex dans l’arborescence, lui dire quoi tester, comment s’y prendre. On n’est plus dans l’expérimentation. On s’organise déjà avec l’agent.

Le timing n’est pas anodin. Cursor, une start-up concurrente, pèse déjà 10 milliards après sa dernière levée. Windsurf, autre acteur du segment, pourrait tomber dans l’escarcelle d’OpenAI pour 3 milliards. Des chiffres qui, dans ce microcosme, ne choquent plus personne. Chaque acteur veut sa part de cette révolution silencieuse. Une révolution très rentable.

Chez les géants de la tech, l’évolution ne fait plus débat. Microsoft estime que 20 à 30 % de son code est déjà généré par IA. Meta promet 50 % l’an prochain. Le mot “copilote” s’est banalisé. Mais sous les formules marketing, des lignes bougent. Notamment pour les développeurs juniors, de plus en plus exposés. Les licenciements récents ne sont pas un hasard. L’automatisation arrive par le haut, avec des outils qui font bien, vite, sans formation initiale.

Alors, que change Codex ? Pas tout, mais beaucoup. Il ne crée pas encore une application complète à partir de zéro. Il ne remplace pas une équipe. Mais il avance par morceaux. Il prend les tâches simples, les vérifie, apprend les habitudes. Il corrige sans se plaindre, s’adapte au projet, relit même la doc. L’effet est redoutable.

Romain Huet, chez OpenAI, résume l’ambition : un agent omniprésent, un coéquipier. La formule est engageante. Presque rassurante. Mais un coéquipier sans pause, sans horaires, sans salaire, ça finit par interroger. Il ne prend pas votre place. Mais il s’assoit déjà à côté.

Avec Codex, on ne parle plus d’avenir. On est déjà dans l’après. Ce moment où les outils d’IA cessent d’être des assistances ponctuelles pour devenir des interlocuteurs intégrés. Et même s’il reste encore des lignes qu’il ne sait pas écrire seul, il apprend vite. Très vite.

Il y a quelque chose d’étrange dans cette évolution. Comme si le code, longtemps perçu comme le bastion humain par excellence, devenait lui aussi un langage partagé. Une conversation. Et si tout le monde parle aujourd’hui de copilote, c’est peut-être parce que plus personne ne sait très bien qui pilote vraiment.

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