Chauffage : 19 °C n’est pas une règle, voici les repères

Le seuil de 19 °C sert de repère, mais le confort dépend du logement, de l’humidité, de la régulation et de la santé.

Lucas Petit
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Lucas Petit
Lucas Petit — Expert en développement web et marketing digital, il crée des solutions e-commerce innovantes qui transforment les blogs en plateformes engageantes et rentables.
Réglage manuel d’un radiateur électrique domestique illustrant le pilotage de la température de chauffage et la question des 19 °C.
Une main ajuste le thermostat d’un radiateur électrique dans un logement. Le visuel illustre l’importance du pilotage et de la modulation plutôt qu’une consigne figée.

La référence des 19 °C est devenue un réflexe, dans les débats publics comme dans les réglages du quotidien. Pourtant, ce chiffre n’a de sens qu’à une condition, qu’on comprenne son statut réel et ce qu’il mesure. Entre cadre réglementaire, sobriété énergétique et confort thermique, l’essentiel se joue moins sur un totem que sur une méthode.

L’essentiel

  • Les 19 °C correspondent à une limite réglementaire « en moyenne » dans certains locaux, et pas à une consigne unique à appliquer partout.
  • Les messages publics récents insistent surtout sur la sobriété par l’usage, chauffer quand on occupe, baisser quand on s’absente.
  • Un degré de consigne peut peser, les repères gouvernementaux évoquent 7 % d’économies d’énergie par an pour 1 °C en moins.
  • Les recommandations pièce par pièce (chambre, salle de bain, pièces de vie) sont plus actionnables qu’un chiffre uniforme.
  • La santé impose des garde-fous, l’OMS rappelle un minimum autour de 18 °C pour des adultes en bonne santé, avec davantage pour les publics vulnérables.

La règle des 19 °C est souvent traitée comme un marqueur moral, ou comme un standard de confort. Or, les textes et les recommandations ne racontent pas la même histoire, et le logement réel complique encore l’équation. Ce qui est confirmé, c’est l’existence d’un cadre réglementaire et de repères publics chiffrés. Ce qui varie, c’est la bonne application au quotidien, car elle dépend de l’occupation des pièces, du pilotage et de la situation des personnes.

Ce que dit réellement la règle des 19 °C

Le chiffre de 19 °C n’est pas né d’un simple conseil de bon sens, il apparaît dans le Code de l’énergie, sous la forme d’une limite supérieure de température de chauffage « fixée en moyenne », en dehors des périodes d’inoccupation prévues par le texte. Cette formulation compte, car elle indique qu’on parle d’une moyenne et d’un cadre général, pas d’une obligation instantanée au degré près dans chaque pièce, à toute heure.

Pour éviter la confusion, il est utile de lire l’article directement, car la règle est souvent résumée trop vite, alors que le détail porte la nuance. Sur l’article R. 241-26 du Code de l’énergie, le point central est cette logique de plafond « en moyenne », articulée avec des périodes d’inoccupation. Le repère des 19 °C existe donc bien, mais son interprétation en « thermostat figé » est une extrapolation.

Sobriété énergétique : ce que l’État demande à ses bâtiments

Dans le débat public, la règle des 19 °C a été réactivée, notamment quand l’État a mis en avant une exemplarité attendue des administrations. Le plan de sobriété énergétique de 2022 fixe un cadre opérationnel pour des bureaux, avec 19 °C, et mentionne aussi une expérimentation à 18 °C lors des jours Écowatt rouges, ce qui montre qu’il s’agit d’un pilotage contextualisé, pas d’un dogme abstrait.

Cette distinction est importante, car elle évite un glissement classique, prendre une consigne de gestion d’un parc tertiaire comme si elle décrivait la réalité de tous les logements. Le document plan de sobriété énergétique 2022 parle d’abord d’organisation et de conditions d’usage, y compris de « situations particulières ». Dit autrement, ce repère sert à cadrer une politique, pas à nier la diversité des logements.

Panorama des modes de chauffage en France, chiffres d’usage et repères de marché

Regarder les statistiques remet la « règle des 19 °C » à sa place, celle d’un repère parmi d’autres, car la réalité des logements français est très contrastée selon l’énergie disponible, l’âge du bâti et le type d’équipement installé. Les données publiques les plus claires décrivent d’abord l’énergie principale de chauffage déclarée par les ménages, ce qui donne une photographie robuste des usages, sans prétendre résumer la diversité des systèmes à l’intérieur de chaque catégorie. Les ordres de grandeur sont détaillés dans les données sur l’énergie de chauffage publiées par le SDES, et ils permettent de comprendre pourquoi un même « 19 °C » ne produit pas les mêmes effets partout.

Les énergies de chauffage les plus utilisées en France

En France métropolitaine, en 2020, l’électricité et le gaz de réseau représentent à elles deux près des trois quarts des énergies principales de chauffage des résidences principales. À l’intérieur de l’électricité, il faut distinguer les logements chauffés par radiateurs électriques « classiques » et ceux dont le chauffage principal repose sur une pompe à chaleur, la source citant 5,1 % pour ce sous-ensemble. Cette synthèse figure dans les chiffres clés du chauffage domestique publiés sur notre-environnement.gouv.fr, à partir des travaux du SDES.

Énergie principale de chauffage (France métropolitaine, 2020)Part des résidences principales
Électricité (dont pompe à chaleur)37,2 % (dont 5,1 % par pompe à chaleur)
Gaz de réseau (principalement gaz naturel)35,8 %
Bois10,5 %
Fioul9,6 %
Réseaux de chaleur5,3 %
GPL (citerne ou bouteille)1,5 %

Le bois mérite une lecture à part, parce qu’il peut être une énergie principale, mais aussi un chauffage d’appoint. Le SDES indique qu’en 2020, 7,4 millions de résidences principales étaient équipées d’au moins un appareil individuel au bois, utilisé ou non, et que 6,9 millions de ménages l’ont effectivement utilisé. Ces ordres de grandeur sont détaillés dans la note sur la consommation de bois-énergie issue de l’enquête Logement 2020.

Équipements et marques, ce que l’on peut affirmer sans surinterpréter

Les statistiques publiques décrivent l’énergie, pas la marque, et il n’existe pas, en accès libre et à jour, un classement officiel consolidé des « marques les plus populaires » sur l’ensemble du parc. En revanche, il est possible de citer des marques très présentes en distribution ou souvent testées, tout en rappelant une règle simple, la notion de « meilleure marque » a peu de sens sans critères, gamme et modèle. Cette prudence est cohérente avec l’approche de l’UFC-Que Choisir dans son guide d’achat radiateurs qui cite des marques fortement distribuées.

Pour les radiateurs électriques, l’UFC-Que Choisir cite notamment Acova, Airelec, Applimo, Atlantic, Campa, De’Longhi, Ducasa, Noirot, Thermor et Sauter, en les replaçant dans une logique de choix guidée par la régulation, l’inertie et la programmation. Pour les pompes à chaleur air-eau, l’association a testé plusieurs appareils de grandes marques, ce qui permet de parler de « marques majeures » sans prétendre qu’un logo garantit la performance, comme le montre son comparatif pompes à chaleur centré sur des modèles.

Pour les chaudières gaz, une enquête UFC-Que Choisir indique que ses lecteurs investissent majoritairement chez Saunier Duval et Frisquet, ce qui donne un indicateur de popularité dans un public de consommateurs, sans valoir vérité universelle pour tout le marché. La même logique de prudence s’applique quand on parle de « marques très présentes », et l’enquête chaudières à gaz est utile pour cadrer ce type d’affirmation.

Famille d’équipementLecture la plus fiableMarques très présentes ou souvent citées en France (selon sources ci-dessus)
Radiateurs électriquesPrésence forte en distribution, choix surtout guidé par régulation, inertie, programmationAcova, Airelec, Applimo, Atlantic, Campa, De’Longhi, Ducasa, Noirot, Thermor, Sauter
Pompe à chaleur air-eauComparaison pertinente à l’échelle du modèle, pas seulement de la marqueAriston, Atlantic, Bosch, Daikin, LG, Mitsubishi, Panasonic, Samsung, Toshiba
Chaudière gaz à condensationPopularité observable via enquêtes de consommateurs et forte présence en distributionSaunier Duval, Frisquet, Chaffoteaux, Ariston, Chappée, elm.leblanc, De Dietrich, Atlantic, Baxi, Bosch

Repères pratiques, ce qui fait vraiment la différence au quotidien

Quel que soit le système, l’efficacité réelle dépend surtout de la régulation et de la programmation, parce qu’une part importante des économies vient du fait de ne pas chauffer à température constante quand le logement est vide. Cette logique d’usage est réaffirmée dans les conseils ADEME, notamment sur la baisse en cas d’absence et le rôle de la programmation, car un bon scénario d’abaissement peut parfois compter davantage qu’un débat figé sur un seul chiffre.

Du côté des messages gouvernementaux, l’installation d’un thermostat programmable est présentée comme un levier concret, et la communication publique rappelle le repère « 1 °C en moins, 7 % d’économies d’énergie par an », à lire comme un ordre de grandeur, pas comme une promesse universelle. Cette formulation apparaît dans la liste des gestes clés du quotidien, qui insiste aussi sur l’ajustement des usages plutôt que sur la seule consigne affichée.

Enfin, pour les projets de pompe à chaleur, l’ADEME propose un guide dédié, utile pour cadrer coûts, travaux et conditions d’installation, et rappeler un point décisif, le dimensionnement et la qualité de la pose pèsent souvent autant que la marque. Cet angle est développé dans le guide choisir une pompe à chaleur, qui invite à raisonner en système complet plutôt qu’en étiquette commerciale.

Les repères publics pour la maison, au-delà du salon à 19 °C

Pour le domicile, les repères les plus utiles ne sont pas ceux qui martèlent un chiffre unique, ce sont ceux qui donnent une grille pièce par pièce. L’ADEME propose des températures recommandées selon les usages, avec des chambres plus fraîches la nuit, une salle de bain plus chaude seulement lors de l’utilisation, et des baisses lorsque les pièces ne sont pas occupées.

Ces repères ont deux avantages, ils sont concrets, et ils poussent vers la sobriété sans transformer le logement en salle d’attente glaciale. Sur la page ADEME dédiée aux bons gestes de chauffage, l’idée structurante est la modulation, avec des chiffres qui varient selon la pièce et le moment. C’est plus fidèle aux usages réels qu’une consigne unique, et plus cohérent avec l’objectif de réduction de consommation.

Un degré, un levier, mais pas une baguette magique

Le chiffre le plus repris dans les campagnes publiques est simple, baisser la consigne de 1 °C permettrait 7 % d’économies d’énergie par an. Cette donnée est un repère, pas une promesse universelle, mais elle donne un ordre de grandeur utile pour comprendre pourquoi le réglage et la programmation comptent autant dans la facture.

Le point essentiel, c’est que l’économie vient rarement d’un « 19 °C partout », elle vient du fait de ne pas chauffer le vide, et de réduire la température quand l’usage ne le justifie pas. La formulation officielle qui cite cet ordre de grandeur figure dans un contenu gouvernemental sur la sobriété, avec l’énoncé « 1 °C en moins, 7 % d’économies d’énergie par an » sur la page réduire la consommation d’énergie. Le message, derrière le chiffre, est un principe de pilotage.

Le confort ne se résume pas à l’air du thermostat

Dans la pratique, l’inconfort apparaît souvent quand le logement « tire » du froid, même si le thermostat affiche un chiffre raisonnable. La raison est simple, la sensation de confort dépend de plusieurs paramètres physiques, dont la température de l’air, mais aussi l’environnement proche, les parois, les vitrages, les courants d’air, et l’humidité. C’est pour cela qu’un même réglage peut être supportable dans un logement performant et pénible dans un logement qui perd vite ses calories.

Il faut donc éviter deux erreurs symétriques, croire qu’un 19 °C affiché suffit toujours, ou conclure qu’il faut forcément chauffer plus, partout, tout le temps. Dans un logement difficile, le gain le plus robuste vient souvent d’une régulation plus fine et d’un usage mieux ciblé des pièces, avant même d’augmenter la consigne. C’est aussi là que la programmation, les têtes thermostatiques et les abaissements planifiés deviennent plus efficaces qu’un chiffre unique appliqué à l’aveugle.

Santé : le minimum n’est pas le confort, et tout le monde n’a pas la même marge

La sobriété n’a de sens que si elle reste compatible avec la santé. Les repères médicaux évitent de transformer un objectif collectif en risque individuel, surtout pour des personnes âgées, des nourrissons, ou des personnes moins mobiles, qui peuvent être plus sensibles au froid. Dans ces cas, le « bon réglage » n’est pas celui qui ressemble à une injonction générale, c’est celui qui protège d’abord le corps.

L’OMS propose des repères de température intérieure minimale dans ses recommandations sur le logement, avec un minimum autour de 18 °C pour des adultes en bonne santé, et des températures plus élevées pour des publics vulnérables. Le document recommandations logement OMS sert ici de garde-fou, il rappelle qu’un logement trop froid n’est pas qu’un inconfort, et qu’il faut savoir déroger à un chiffre quand la situation l’exige.

La méthode la plus robuste : moduler, programmer, cibler

Si l’on cherche une règle simple qui tient dans la vraie vie, elle tient en une phrase, chauffer utilement plutôt que chauffer uniformément. Concrètement, cela signifie définir une température de référence dans les pièces de vie quand elles sont occupées, accepter des chambres plus fraîches la nuit, et éviter de maintenir au même niveau des pièces secondaires ou des périodes d’absence.

Cette approche est plus cohérente avec les repères institutionnels, car elle s’aligne sur deux mécanismes, l’effet d’un degré sur la consommation, et la puissance des abaissements dans le temps. Une programmation lisible, qui baisse quand le logement dort ou quand il est vide, peut faire plus qu’un débat sans fin sur 19 °C versus 20 °C, parce qu’elle réduit les heures de chauffe inutiles. Le résultat attendu n’est pas une température parfaite, c’est un équilibre stable entre confort, santé et dépenses.

« Cette approche est plus cohérente avec les repères institutionnels, car elle s’aligne sur deux mécanismes, l’effet d’un degré sur la consommation, et la puissance des abaissements dans le temps. Une programmation lisible, appuyée par une approche d’efficacité énergétique en temps réel, qui baisse quand le logement dort ou quand il est vide, peut faire plus qu’un débat sans fin sur 19 °C versus 20 °C, parce qu’elle réduit les heures de chauffe inutiles. Le résultat attendu n’est pas une température parfaite, c’est un équilibre stable entre confort, santé et dépenses. »

Au final, la règle des 19 °C reste un repère, utile pour fixer une direction, mais insuffisant pour piloter un logement réel. La bonne lecture est pragmatique, comprendre le cadre, s’appuyer sur les repères pièce par pièce, protéger les personnes vulnérables, et organiser la sobriété par la programmation plutôt que par une consigne figée.

FAQ

Les 19 °C sont-ils une obligation à la maison ?

Le Code de l’énergie fixe une limite supérieure « en moyenne » pour la température de chauffage, avec des périodes d’inoccupation prévues. En pratique, l’usage domestique repose surtout sur des repères et des recommandations, à appliquer avec discernement.

Quelle température viser dans une chambre la nuit ?

Les repères publics privilégient une chambre plus fraîche la nuit que les pièces de vie, car le sommeil tolère mieux une température plus basse. L’ADEME propose des valeurs selon la pièce et l’occupation, à ajuster selon les personnes et le logement.

Un degré en moins suffit-il toujours pour faire des économies ?

Baisser la consigne est un levier important, et les repères publics citent un ordre de grandeur de 7 % d’économies d’énergie par an pour 1 °C en moins. Le résultat réel dépend du logement et du pilotage, surtout de la capacité à programmer des abaissements quand les pièces ne sont pas occupées.

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