Photoshop sur Android : le test de maturité six mois après le lancement

Une version mobile puissante mais exigeante qui promet beaucoup, malgré l'absence notable du remplissage génératif complet au lancement.

Julien Lefebvre
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Julien Lefebvre
Journaliste et expert SEO, Julien Lefebvre analyse les mises à jour, les signaux et les bonnes pratiques, puis les traduit en actions concrètes pour améliorer la...
Visuel conceptuel du logo Photoshop sur fond de visage pixelisé, illustrant l’arrivée de l’application sur Android
Le célèbre logiciel d’Adobe débarque sur Android avec une version bêta gratuite, mais aux fonctionnalités encore incomplètes.

Arrivé sur le Play Store en juin 2025, Photoshop pour Android devait combler le fossé historique avec l’iPad et le desktop. Sept mois plus tard, la « bêta » est devenue le standard mobile d’Adobe. Mais entre les promesses d’universalité et les contraintes techniques réelles, l’outil est-il viable pour un flux de travail professionnel en 2026 ? Analyse technique sans concession.

L’essentiel

  • Cœur PSD réel : l’application gère nativement les fichiers .psd avec calques, masques et objets dynamiques, sans conversion destructrice.
  • Hardware exigeant : Android 11 et 6 Go de RAM sont le minimum syndical ; 8 Go sont recommandés pour éviter les crashs sur les gros fichiers.
  • Fonctions IA hybrides : l’insertion d’objets par texte est présente, mais le remplissage génératif complet manque encore à l’appel sur cette version.
  • Modèle économique : l’accès est gratuit, mais conditionné à un compte Adobe, préfigurant un verrouillage des fonctions avancées similaire à Lightroom.
  • Limites d’export : pas de recadrage libre au pixel près ni de gestion fine de la résolution pour le moment.

Interface et ergonomie : l’héritage desktop maîtrisé ?

Adobe a évité l’écueil du simple portage d’interface. La navigation tactile reprend la logique des panneaux contextuels, rendant l’espace de travail lisible même sur un écran de 6 pouces.

La gestion des calques est le point fort indiscutable : fusion, masques, opacité et modes de fusion répondent instantanément. Pour les habitués de la version bureau, la mémoire musculaire fonctionne. On retrouve la barre d’outils familière à gauche, bien que simplifiée, incluant tampon de duplication et transformations.

Cependant, tout n’est pas parfait. L’absence de certains réglages fins, comme le recadrage libre en pixels (on reste bloqué sur des ratios prédéfinis), frustre rapidement dès qu’on sort du maquettage rapide.

Performance : un moteur sélectif

Le ticket d’entrée technique est élevé. L’application pèse 600 Mo à l’installation et se montre gourmande. Sur des configurations intermédiaires (6 Go de RAM), la latence se fait sentir dès l’empilement de quelques calques haute résolution. Adobe vise clairement le parc de smartphones « Premium » récents, laissant sur le carreau une grande partie du parc Android mondial.

Le point sur l’IA et les fonctionnalités manquantes

C’est là que la distinction avec la version Desktop est la plus nette. Si l’application intègre bien la sélection de sujets et l’insertion d’éléments via instructions textuelles, elle fait l’impasse sur le « Remplissage Génératif » (Generative Fill) complet, pourtant fer de lance de l’intelligence artificielle dans Photoshop.

De même, les filtres avancés sont absents. On sent que l’architecture mobile, même puissante, impose encore des limites que le cloud ne compense pas totalement.

Gratuit vs payant : le modèle Lightroom

Si la bêta actuelle permet un usage gratuit étendu, la stratégie de monétisation se dessine clairement sur le modèle de Lightroom Mobile. Voici la segmentation probable des fonctionnalités pour l’année 2026 :

FonctionnalitéAccès Gratuit (Bêta/Standard)Accès Abonné (Creative Cloud)
Gestion des calques✅ Complète✅ Complète
Outils de retouche✅ Basiques (Recadrage, réglages)✅ Avancés (Correcteurs IA, Géométrie)
Fonctions IA⚠️ Limitées (Sélection sujet)✅ Complètes (Génération, Masquage fin)
Synchro Cloud❌ Limitée✅ Multi-device fluide

L’obligation de connexion au compte Adobe dès le lancement confirme cette volonté de capter l’utilisateur dans l’écosystème avant de verrouiller les outils les plus performants derrière le paywall à 20$/mois.

FAQ

Quelle est la configuration minimale pour installer Photoshop sur Android ?

Il vous faut impérativement un appareil tournant sous Android 11 ou supérieur, avec un strict minimum de 6 Go de RAM. Pour une expérience fluide, 8 Go de RAM sont vivement recommandés.

Peut-on utiliser les fonctionnalités de Remplissage Génératif ?

Non, pas complètement. Si vous pouvez insérer des objets via des prompts textuels, la fonction de remplissage génératif pour étendre une image ou reconstruire un décor n’est pas disponible dans cette version mobile.

L’application remplace-t-elle Photoshop Express ?

Non. Photoshop Express reste l’outil dédié à la retouche rapide et aux filtres instantanés. Cette nouvelle application « Photoshop » vise le montage, la composition et la création graphique avec gestion de calques, s’adressant à un public plus technique.

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