L’industrie anticipait une sortie en 2027, mais la réalité économique de 2026 pourrait en décider autrement. Une note financière de l’analyste David Gibson suggère que Sony repousserait le lancement de la PlayStation 6. En cause : l’explosion des coûts de la mémoire, cannibalisée par les serveurs dédiés à l’intelligence artificielle.
L’essentiel
- David Gibson (MST Financial) estime que la PlayStation 6 pourrait manquer la fenêtre de 2027-2028.
- La cause principale est la flambée du prix des composants, notamment la RAM, sous la pression de la demande en IA.
- Sony pourrait privilégier la rentabilité de la PS5, actuellement au milieu de son cycle, plutôt que de précipiter un lancement coûteux.
- Aucune date officielle n’a été communiquée par le constructeur japonais.
L’industrie du jeu vidéo semblait réglée comme une horloge sur des cycles de sept ans. Pourtant, la mécanique bien huilée de Sony pourrait s’enrayer pour la prochaine génération. Alors que la communauté des joueurs anticipait une arrivée de la PlayStation 6 pour 2027, les contraintes matérielles de ce début d’année 2026 dessinent une trajectoire différente.
L’analyse de David Gibson
L’hypothèse ne repose pas sur une fuite technique, mais sur une logique purement financière. Dans une note de recherche pour Sandstone Insights Japan, David Gibson avance que la solidité actuelle de la division jeu de Sony permet au groupe de temporiser.
Selon l’analyste, une extension du cycle de vie de la PS5 est probable. Sony n’a aucune urgence à lancer un nouveau matériel coûteux si la génération actuelle continue de générer des marges confortables via les logiciels et les services. Comme le rapporte TweakTown, cette stratégie permettrait d’attendre une accalmie sur le marché des composants.
La mémoire, victime collatérale de l’IA
Le cœur du problème est industriel. La conception d’une console exige de la mémoire rapide et abondante. Or, depuis la fin 2025, les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle absorbent la majorité de la production mondiale de DRAM et de mémoire à haute bande passante (HBM).
Les prévisions de TrendForce pour ce premier trimestre 2026 sont sans appel : les prix de la mémoire sont orientés à la hausse. Pour un constructeur comme Sony, l’équation est complexe : lancer une machine maintenant imposerait soit un prix public prohibitif, soit des pertes matérielles insoutenables. Attendre devient alors une décision de gestion rationnelle.
PS5 Pro et cycle étendu
La thèse d’un report est renforcée par l’existence de la PS5 Pro et les avancées logicielles. Avec des technologies comme le PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution), Sony parvient à maintenir la pertinence visuelle de sa plateforme sans changer d’architecture. La promesse technique affichée sur le site officiel PlayStation montre que la génération actuelle en a encore sous le pied.
Cette extension du cycle offre un double avantage : elle maximise le retour sur investissement du parc installé et permet aux studios de rentabiliser leurs moteurs de jeu actuels. Une sortie repoussée vers 2029 ou 2030 laisserait le temps au marché des semi-conducteurs de se stabiliser.
FAQ
Non. Sony n’a communiqué aucune fenêtre de lancement. Les dates de 2029 ou 2030 évoquées sont des estimations d’analystes basées sur le contexte économique.
L’intelligence artificielle nécessite des quantités massives de mémoire vive. Cette demande prioritaire fait grimper les prix et raréfie les composants nécessaires à la fabrication de consoles grand public abordables.
Au contraire. Si cette analyse se confirme, la PS5 resterait la console de référence pour plusieurs années encore, soutenue par les modèles Pro et un catalogue de jeux qui ne basculera pas immédiatement vers une nouvelle génération exclusive.


