700 MHz : la grosse inconnue française

En annonçant la prochaine mise en vente de la bande de fréquences des 700 MHz, François Hollande va permettre aux opérateurs de récupérer des fréquences utilisées par la télévision. Tout n’est pas si simple… Les opérateurs télécoms pas pressés de racheter des fréquences

C’est la semaine dernière que François Hollande a confirmé que la bande de fréquences des 700 MHz, utilisée par la télévision, serait mise en vente aux enchères en 2015. Dans cette opération, l’État français espère bien pouvoir récupérer au minimum 2 milliards d’euros. Mais voilà, tout ne s’annonce pas aussi simple que cela.

Même si les besoins en data mobile ne cessent d’augmenter, donc que les besoins en fréquences aussi, le point de vue des opérateurs est quelque peu différent. Après avoir déboursé globalement plus de 3,5 milliards d’euros en 2012 pour les fréquences des bandes 800 et 2 600 MHz, repassé à la caisse deux ans plus tard est un peu précoce.

Cet état d’esprit est d’autant plus négatif vu que l’État français a fait des entourloupettes à cette occasion. En effet, lors de l’attribution des fréquences des bandes 800 et 2 600 MHz, il avait été clairement annoncé qu’il n’y aurait plus de fréquences disponibles ensuite d’ici à la fin de la décennie… dès lors, pourquoi la bande des 700 MHz deux ans après ?

Dans cette situation, les opérateurs n’hésitent pas à dire haut et fort qu’il y a « tromperie sur la marchandise », ainsi qu’à SFR de déposer un recours au Conseil d’État pour préjudice.

Hormis ce problème, il est en plus bon de souligner qu’Orange et SFR n’ont pas besoin de fréquences supplémentaires pour le moment, situation identique chez Bouygues Telecom.

À l’instar de ce dernier qui est en pleine restructuration, les opérateurs ne disposent d’ailleurs pas forcément des moyens nécessaires pour de telles enchères, des mises qui pourraient sérieusement mettre à mal l’équilibre de leurs finances.

Au final, le seul opérateur qui pourrait être intéressé est Free. Le dernier venu a tout à gagner de cette enchère vu qu’il avait été privé de fréquences en 2012, surtout que sa santé financière va lui permettre de miser gros.

La grosse inconnue est donc qui va miser à ces enchères ? La réponse à cette question pourrait être encore plus complexe vu qu’aucun opérateur ne peut passer à côté de l’attribution de la bande « en or » des 700 MHz, même si la situation ne le leur permet pas vraiment.

De fait, la dernière question sera aussi de savoir si l’État va faire une opération avec cette vente, surtout que certaines voix commencent à pialer que « on vend les bijoux de famille au plus mauvais moment en termes de valorisation ». De ce fait, hormis l’État et les opérateurs, le Conseil constitutionnel pourrait bien également mettre son nez dans ce dossier.

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