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Représentation d'un homme de Néandertal.

Des ossements de Néandertal en Normandie

C’est en qualifiant d’« exceptionnelle » la découverte de fossiles humains en Normandie que les chercheurs à l’origine de cette découverte expliquent que « cela documente une partie assez mal connue du peuplement de l’Europe du Nord-ouest, où s’est individualisée la lignée néandertalienne ».

C’est le 10 septembre 2010 que des fossiles humains composés des trois os longs du bras gauche d’un même individu (humérus, cubitus et radius) ont été découverts sur le site préhistorique de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), en Normandie. Cette découverte, qualifiée d’« exceptionnelle », est une découverte majeure en Europe du Nord-ouest pour la connaissance de la lignée Néandertal.

C’est ce jeudi, simultanément à une publication dans la revue scientifique américaine Plos One, que cette découverte a été présentée à l’occasion d’une conférence de presse à Paris.

L’homme de Tourville-la-Rivière, tel qu’il est désormais surnommé, est daté entre 236 000 et 183 000 ans, soit de la période du Pléistocène moyen) qui correspond à la fin d’une période interglaciaire ? Les scientifiques qualifient cet individu de préNéandertalien vu que les Néandertaliens sont plutôt situés entre -118 000 et -30 000.

Découverts par des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ces ossements ne permettent pas de déterminer le sexe de l’individu. Les chercheurs peuvent juste estimer qu’il s’agit d’un adulte ou d’un grand adolescent.

Après la découverte de deux crânes fragmentaires de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), cette découverte est la seconde du genre en France. Pour l’Europe du Nord-ouest, les rares fossiles humains de cette période ont été découverts en Allemagne et en Angleterre.

Les fouilles sur ce site préhistorique de Tourville-la-Rivière a également permis de mettre à jour des milliers de restes d’espèces animales, de grands mammifères (équidés, cerfs, aurochs), des carnivores (loup, panthère) ainsi que de plus petites espèces (chats sauvages, lièvres, castors) avec « des indices qui permettent d’affirmer que l’homme a chassé ou en tout cas consommé une partie des animaux sur le site ». Quelque 700 outils de pierre ont également été identifiés, des outils qui relèvent de la technique Levallois.

Alors que les scientifiques vont tenter de préhistorique de Tourville-la-Rivière, le scénario retenu par les chercheurs est que ce bras a été charrié par la Seine avant de se déposer sur les berges ou sur des bancs de sable au pied de la falaise crayeuse de Tourville-la-Rivière. Si aucune trace d’une intervention de carnivores ou même d’autres humains n’a pu être constatée, il a tout de même été constaté une petite curiosité sur l’humérus, un relief inhabituel au point d’attache du muscle deltoïde, qui pourrait être un microtraumatisme vestige d’un arrachement ligamentaire.

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