Gossip : mise en demeure de la CNIL pour atteintes graves à la vie privée

C’est pour « atteintes graves à la vie privée » de ses utilisateurs que la CNIL a mis en demeure la plateforme de partage de rumeurs Gossip.

La plateforme de partage de rumeurs Gossip a été mise en demeure par la CNIL pour « atteintes graves à la vie privée ». L’application est aussi suspectée d’utiliser des données personnelles sans autorisation.

C’est après avoir constaté que des ragots dénigrant des mineurs s’échangeaient sur le très controversé portail que la CNIL a mis en demeure WMG, la société éditrice de Gossip, en lui demandant de se conformer à l’article 1 de la Loi informatique et liberté dans un délai d’un mois. Il a été précisé que l’information « ne doit pas porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’Homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ».

« Une personne n’ayant pas l’application, y compris mineure, peut faire l’objet de calomnies susceptibles de déstabiliser son entourage et de lui porter un grave préjudice, sans en être informée et sans réel moyen d’action vis-à-vis de l’émetteur comme des récepteurs de la rumeur », dénonce la CNIL alors que l’application Gossip permet à ses utilisateurs anonymes de partager photos, vidéos et rumeurs en envoyant ces contenus à toutes les personnes ayant le numéro de téléphone de la cible, à l’ensemble des personnes ayant le numéro de téléphone de la cible de la rumeur dans le répertoire de leur téléphone, mais pas à l’individu directement concerné.

Par ailleurs, la CNIL a aussi relevé un manquement au niveau de la collecte et l’utilisation par la plateforme des données personnelles des utilisateurs, comme les numéros de téléphone des personnes n’ayant pas téléchargé l’application. Cette opération n’entre pas dans le cadre fixé par la Loi informatique et liberté, notamment en matière de consentement des personnes concernées.

En cas de non-obtempération de la société WMG, la CNIL a indiqué qu’elle se réservait le droit d’entamer une procédure de sanction. Le dossier a aussi été communiqué au procureur de la République en vue d’une éventuelle enquête complémentaire.

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