Mission Rosetta : des plaques de glace d’eau à la surface de Tchouri

Alors que la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko reflète très peu la lumière du soleil, les chercheurs ont découvert quelque 120 plaques de glace brillante.

Alors que la surface de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko est « noir carbone », elle reflète à peine 4% des rayons solaires.

Grâce aux clichés en haute résolution pris par la sonde Rosetta lors de ses passages à basse altitude, les scientifiques ont découvert quelque 120 plaques de glace, des surfaces qui sont dix fois plus réfléchissantes.

Les chercheurs en sont désormais sûrs, il s’agit de glace, plus précisément de glace d’eau. L’équipe du planétologue Antoine Pommerol, de l’université de Berne en Suisse, a acquis cette conviction parce que la comète Tchouri est de couleur noire tirant sur le rouge, alors que ces terrains sont plus clairs, mais aussi moins rouges et plus bleus : « Ce qui est compatible avec la manière dont la glace réfléchit la lumière ».

De plus, ces plaques, isolées ou groupées, se trouvent toujours à l’ombre, c’est-à-dire où l’ensoleillement est si faible et si court que la glace présente en surface ne passe pas aussitôt à l’état gazeux.

« Et il ne peut s’agir que de glace d’eau, car les autres glaces, comme celle de dioxyde ou de monoxyde de carbone, passent à l’état gazeux à une température plus basse et ne pourraient donc pas subsister ainsi à l’état solide », explique encore le planétologue.

Alors que la comète est en fait composée de poussière de glace, cette découverte n’est à priori pas si surprenante que cela. En fait, « Ce n’est pas une surprise de trouver de la glace d’eau dans une comète. Ce qui l’est plus, en revanche, c’est de la voir en surface. Car, lors des différentes missions cométaires, Rosetta, mais aussi Deep Impact ou Stardust, nous n’en avons pratiquement pas vu », fait remarquer Antoine Pommerol.

« Cela nous informe sur la structure de la comète en nous indiquant qu’assez proche sous la surface desséchée et couverte de poussière de 67P, sans doute à moins d’un mètre de profondeur, il y a de la glace d’eau », précise le chercheur.

En étudiant cette glace, notamment la manière dont la poussière est répartie en elle, les scientifiques peuvent espérer en apprendre plus sur son passé. « S’agit-il de glace primordiale, formée il y a 4,4 milliards d’années, restée depuis dans son état initial ? Ou bien est-ce que cette glace a été métamorphisée et altérée par différents processus ? », s’interroge le planétologue.

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