Philae : une image « floue » de son atterrissage

L’Agence spatiale européenne vient de publier une image « floue » prise lors de l’atterrissage de Philae.

C’est le 12 novembre dernier que l’atterrisseur Philae s’est posé sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, avant de rebondir deux fois. Dès que le module s’est a touché la surface la première fois, sa caméra CIVA a démarré.

C’est ainsi que l’Agence spatiale européenne (ESA) vient de publier un cliché de Philae qui a la particularité d’être une image « floue », ce qui n’est pas surprenant au final vu que l’atterrisseur n’était pas posé, comme prévu, mais en mouvement dans l’espace lors de son rebond.

« Cette image a été un choc parce que nous n’étions évidemment pas encore au courant qu’il était en mouvement », relate Jean-Pierre Bibring, co-chercheur principal. « Elle a démontré que nous n’étions pas sur la comète », précise-t-il. Il ajoute encore : « A ce moment-là, c’était terrible parce que nous ne savions pas si la vitesse d’éjection était supérieure ou inférieure à la vitesse d’évasion. Donc, nous ne savions pas si nous allions redescendre vers la surface ».

Heureusement, par la suite, l’atterrisseur s’est finalement posé et a pu produire des images nettes de la surface de la comète, même si le module a parcouru une distance supplémentaire à celle prévue en rebondissant, se cachant finalement dans un « trou ».

Réduisant la quantité de lumière atteignant les panneaux solaires de Philae, ce « trou » a drastiquement limité les possibilités de recharge des batteries. C’est donc faute d’énergie que le module laboratoire est désormais en hibernation jusqu’à ce que de meilleures conditions d’éclairage touchent le robot.

À l’occasion de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union, à San Francisco, des informations au sujet de Philae ont été données. Le Prof Bibring a par exemple présenté une image prise par CIVA à l’emplacement où le module s’est posé. Ce cliché montre quelques détails nouveaux.

L'image montre le Perihelion Cliff, un des murs à côté de Philae. Les marques lumineuses sont des reflets de l'atterrisseur.
L’image montre le Perihelion Cliff, un des murs à côté de Philae. Les marques lumineuses sont des reflets de l’atterrisseur.

Alors que les scientifiques ne connaissent pas encore la position exacte de Philae, les recherches continuent pour le situer, tout comme l’interprétation des résultats que le module laboratoire a eu le temps de transmettre avant d’entrer en hibernation.

Entre le 12 et le 14 décembre, la sonde Rosetta a pris toute une série de clichés de la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Chaque pixel composant chacune des images de 4 mégapixels sera minutieusement analysé dans l’espoir de repérer Philae. « Cela semble très difficile, mais l’œil humain est en fait très bon pour faire ce genre de travail », a déclaré Holger Sierks, le responsable scientifique de la caméra Osiris de Rosetta. Déterminer précisément l’emplacement de Philae sur la comète doit permettre aux ingénieurs d’évaluer sa situation et sa probabilité de réveil.

Les images de CIVA ont permis d'établir un modèle de l'emplacement de l'atterrissage final de Philae.
Les images de CIVA ont permis d’établir un modèle de l’emplacement de l’atterrissage final de Philae.

Sur la base des clichés envoyés par CIVA, un modèle préliminaire de l’emplacement de l’atterrissage final a pu être réalisé, avec son relief difficile. « Nous sommes dans un endroit ombragé et la question est de savoir quand le soleil sera au-dessus de l’horizon local ? », déclare le Prof Bibring, confiant. Il précise que « Cela pourrait être en janvier ou en mars. Cela, nous ne le savons pas encore parce que nous ne savons pas exactement où nous sommes. Si nous pouvons le déterminer rapidement, nous pourrons faire une évaluation pour pouvoir savoir quand nous aurons assez d’énergie pour redémarrer le système et communiquer ».

Le Dr Matt Taylor, scientifique sur le projet Rosetta à l’ESA, résume la situation actuelle en déclarant : « C’est un peu comme d’attente avant les cadeaux de Noël ».

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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