En rassurant les Républicains, Zuckerberg prouve son habileté politique

Le Parti Républicain a pris au sérieux un rapport stipulant que les « contenus  conservateurs » sont automatiquement supprimés des Trending Topics de Facebook, nouvelle plateforme nationale qui relate l’actualité américaine. Un meeting a donc réuni des représentants du GOP et Marc Zuckerberg. Compte rendu d’une réunion atypique et d’une excellente habileté politique.

Facebook accusé de biais politique : une rencontre pour en débattre avec les Républicains

Rien n’est laissé au hasard durant la période qui précède les grandes élections américaines. Et dans une ère de plus en plus numérique et connectée, même les réseaux sociaux sont passés au crible et exploités au maximum dans le cadre des campagnes électorales. La sonnette d’alarme a retenti chez les Républicains lorsque Gizmodo, blog spécialisé en technologie et design, a publié un article relatant la suppression des contenus dont l’idéologie est conservatrice de la plateforme Trending Topics de Facebook. Une discrimination qui peut faire du mal au GOP durant cette période critique. Le Parti Républicain a exprimé sa volonté d’être entendu et surtout d’avoir des explications et des réponses de la part de Facebook. Mark Zuckerberg a répondu  par l’organisation d’une rencontre avec des représentants dudit parti. Une rencontre fortement atypique puisqu’elle a réuni les têtes d’un parti des plus conservateurs avec un businessman qui a une idéologie toute autre… La réunion a été couronnée de succès et les représentants du parti de l’éléphant ont exprimé leur satisfaction sur les réseaux sociaux. Tout cela grâce à un Zuckerberg qui a démontré sa maitrise des techniques du monde des politiciens.

Zuckerberg digne des plus grands stratèges politiques

Le premier coup de maitre de Zuckerberg est lié à la neutralité de Facebook. Cette neutralité est bien sûr à conserver et renforcer, mais sur le court terme, il est important de la transgresser légèrement en prenant en compte les griefs des Républicains et en adaptant la stratégie du plus grand réseau social au Monde pour satisfaire ces accusateurs. Cette légère transgression est d’autant plus justifiée qu’il est important de satisfaire les utilisateurs conservateurs qui ne sont pas des moins présents sur Facebook. Un amadouement politique qui révèle le bon stratège politique qu’est Zuckerberg.

Des réponses floues… Mais la confiance a bien été reconquise !

Ce qui a aidé Zuckerberg dans son double-jeu de mise en confiance basée sur des promesses floues qui a bien fonctionné en soulageant les Républicains, c’est la complexité de leur requête. Il faut retourner à l’objet même de cette requête qui est difficile à définir même par eux, accusateurs : comment serait-il possible de juger des milliards de décisions éditoriales prises par des algorithmes ? Analyse compliquée… À accusations floues, réponse floue ! Il était plus question de retrouver de reconquérir la confiance des républicains que de définir des mesures concrètes à mettre en place. Cette reconquête a été servie par la réunion même. Elle a montré aux membres du GOP que Facebook leur donne de l’importance : « L’une  des plus grandes sociétés dans le Monde s’est dit : cela est  suffisant  pour arrêter ce que nous faisons et avoir cette conversation », comme l’a exprimé Zac Moffart, ex-directeur digital de Mitt Romney et fondateur de la société Targeted Victory.  Ensuite, c’est le fait que Zuckerberg soit une réelle icône du capitalisme qui a renforcé cette confiance. Glenn Beck l’a en effet loué dans son essai qu’il a rédigé après la rencontre (https://medium.com/@glennbeck/what-disturbed-me-about-the-facebook-meeting-3bbe0b96b87f#.1ftoztyqw) : « c’est une société privée avec des investisseurs qui peuvent décider ce qui est bon pour eux ». Pas question pour des fidèles au marché libre d’interférer avec cette prise de décision. Mark Zuckerberg ne le leur a pas rappelé directement, mais son attitude d’homme à l’écoute et de businessman  réussi a fait l’affaire.

Il faut bien diversifier pour renforcer la neutralité

Bien entendu, cette réunion ne va ni changer l’idéologie de Mark Zuckerberg, comme il le clame dans son post sur la rencontre : Silicon Valley est réputée être libérale (https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10102840575485751&set=a.529237706231.2034669.4&type=3&theater) ni régler la question du biais politique de manière définitive, d’autant plus que Facebook n’a aucunement admis la véracité des accusations. Mais les Républicains espèrent que cette exposition publique de l’affaire poussera le réseau social à prendre en compte cet aspect de la neutralité dans le développement de sa nouvelle plateforme Trending Topics. Cela pourrait être concrétisé par une augmentation du nombre de sources conservatrices consultées et par la diversité idéologique des équipes de Facebook. Des mesures qui ne feraient pas de mal à la société de Zuckerberg, au contraire, cela boosterait son business.

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Avec des parents scientifiques, j'ai été bercée depuis mon plus jeune âge dans domaines de compétence qui me dépassaient complètement. Bien qu'ayant choisi une carrière de journaliste, je me suis naturellement toujours retrouvée à parler de ce genre de sujets. Les thèmes qui me passionnent le plus ? La physique par mon père, la biologie pas ma mère. Mais je l'avoue, je suis loin d'être aussi compétente qu'eux. Après avoir roulé ma bosse en travaillant pour diverses publications, je me suis retrouvée à écrire pour des sites internet. Je trouve que cette approche du journalisme colle plus à l'ère du temps.

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