Renoncer à son permis de conduire à cause de l’âge : la Suisse agit

L’expérience s’acquiert avec l’âge… mais se détériore aussi. C’est notamment le cas de la conduite. Les réflexes et l’attention ne sont plus les mêmes chez un aîné que chez un jeune. En Suisse, plusieurs pistes sont explorées.

Lorsqu’on est un ainé, les réflexes et l’attention ne sont plus les mêmes que chez les jeunes. Cette vérité peut être dramatique lorsqu’on est un conducteur. Que faut-il faire ? Renoncer à son permis de conduire n’est pas une décision facile à prendre, notamment pour les personnes âgées. Une telle décision est synonyme de perte de mobilité, de perte d’indépendance.

C’est pour cette raison que la Suisse a une loi qui impose un contrôle médical obligatoire pour les conducteurs, à partir de l’âge de 70 ans. Une révision de cette loi est en cours pour remonter cette limite à 75 ans. Si c’est une raison médicale qui fait renoncer à son permis de conduire, cette décision n’est pas plus facile à accepter, mais elle a une explication concrète.

Une autre approche est proposée par certains cantons. Elle consiste à inciter les ainés à renoncer volontairement à leur permis de conduire, c’est notamment le cas dans les cantons de Berne et Neuchâtel. En contrepartie, ces personnes reçoivent un rabais substantiel sur l’achat d’un abonnement général CFF.

Cette offre séduit. En 2014, le Service cantonal des automobiles et de la circulation (SCAN) du canton de Neuchâtel a enregistré 502  renonciations volontaires. Cette année, ils ont été 686, soit une augmentation de 37%. « Cela a pleinement répondu à nos attentes », se réjouit Philippe Burri, le patron du SCAN.

« L’espérance de vie s’allonge, mais on ne garde pas jusqu’à sa mort les capacités nécessaires à la conduite. Tout comme on ne peut pas forcément vivre seul à la maison jusqu’au bout. C’est un message difficile à faire passer. », estime Philippe Burri, en soulignant que cette action permet d’ouvrir le débat sur un sujet tabou : la planification de la vieillesse.

En Suisse, ce débat est réel. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) s’inquiète du fait que, si certains conducteurs abandonnent le volant trop tôt, ils s’exposent davantage aux dangers en tant que piétons. L’association Pro Senectute dénonce, elle, une stigmatisation des seniors.

D’ailleurs, Pro Senectute propose des formations spécifiques pour les seniors, une remise à niveau à la fois théorique et pratique comprenant notamment une heure de conduite avec un moniteur d’auto-école. « Il y a une liste d’attente jusqu’en juin 2016 ! »

Est-ce que les ainés doivent renoncer à leur permis de conduire ? Ce n’est pas le choix fait par la Suisse où plusieurs pistes, possibilités sont offertes. Ces choix ne sont pas encore proposés à tous les aînés, mais seulement à ceux de certains cantons. Mais l’avantage de cette approche, c’est que le débat est lancé, que des pistes sont explorées, que des solutions alternatives sont proposées.

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Une fille dans l’informatique était mal vue à l’époque de mes études. C’est pour cette raison que l’on m’a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m’a plu. C’est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l’information m’a poussé à suivre des cours de journalisme.
Comme j’avais la propension de centraliser l’actualité technologique, un ami m’a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C’est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m’intéressent le plus.

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