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La technologie controversée de reconnaissance faciale serait sur le point d’obtenir un brevet

Ce service est destiné à être utilisé uniquement par des clients gouvernementaux, mais les experts mettent en garde contre les menaces pour la protection des données

De nombreuses innovations technologiques cherchent à nous rapprocher d’un monde plus sûr et plus connecté. Cependant, toutes ne sont pas bien accueillies, et certaines rapprochent même la science-fiction de la réalité.

Selon des rapports, la technologie controversée de reconnaissance faciale est sur le point d'obtenir un brevet.
Selon les rapports, la technologie controversée de reconnaissance faciale est sur le point d’obtenir un brevet.

Comme beaucoup s’en souviennent, la série « Person of Interest » a débuté en 2011 et se concentrait sur un système de surveillance massive avec une reconnaissance faciale jamais vue auparavant. Eh bien, cette idée s’éloigne de plus en plus de la fiction et commence à se matérialiser.

Le média international « Poltico » a rapporté que la technologie Clearview AI est sur le point d’obtenir une reconnaissance officielle puisque, dans une interview avec Hoan Ton-That, fondateur de cette société, il a assuré que le United States Patent and Trademark Office leur a donné une « notice of allowance », c’est-à-dire une approbation préliminaire pour leur brevet, puisqu’ils n’auront qu’à payer les frais administratifs pour l’obtenir.

Clearview est une technologie dotée d’un système qui scanne les visages à travers les données publiques de l’Internet pour trouver les personnes figurant sur les listes gouvernementales et les images des caméras de surveillance.

Dans la même interview, M. Ton-That a déclaré qu’il s’agirait du « premier brevet de reconnaissance faciale impliquant des données Internet à grande échelle. » Cette technologie sera vendue à des clients gouvernementaux (agences de sécurité, forces de l’ordre, etc.) afin d’accélérer les enquêtes et les recherches.

Un brevet entouré de controverses

Cette technologie n’est pas passée inaperçue, de nombreuses organisations exprimant leur inquiétude quant aux risques potentiels que cet outil pourrait générer et ceux qu’il a déjà générés dans le monde entier.

Tout d’abord, une lettre adressée au ministère de la sécurité intérieure dans laquelle plus de 70 groupes, dont l’Electronic Frontier Foundation, OpenMedia et d’autres organisations, ont fait valoir que « l’utilisation de Clearview AI par les autorités fédérales chargées de l’immigration n’a pas fait l’objet d’une surveillance ou d’une transparence suffisante. »

Dans la lettre, les entreprises font spécifiquement référence à un rapport du média international « BuzzFeed News » qui a enquêté et constaté que les employés de 1 803 agences gouvernementales avaient utilisé ce logiciel à l’insu de leurs supérieurs.

La société qui a créé cet outil ayant fourni des licences gratuites, « la violation continue par Clearview AI des droits civils et du droit à la vie privée constitue une raison suffisante pour cesser de l’utiliser », expliquent les organisations dans la lettre, en demandant à l’administration du président Biden de s’abstenir de fournir de nouveaux contrats à Clearview AI.

Par ailleurs, il y a quelques jours, le bureau du commissaire à l’information du Royaume-Uni a infligé à cette société une amende provisoire de 17 millions de livres pour avoir prétendument violé les lois sur la protection des données de ce pays car, selon le chien de garde, la société n’a pas informé ses citoyens que leurs photos étaient collectées, une décision qui devrait être contestée par Clearview.

En outre, l’année dernière, le Royaume-Uni et l’Australie ont ouvert une enquête conjointe en raison des préoccupations suscitées par les pratiques de Clearview en matière d’extraction de données et de collecte de photos sur les réseaux sociaux tels que YouTube, Facebook et Twitter.

M. Ton-That a affirmé dans l’interview que Clearview n’a pas l’intention de vendre ses outils à des clients non gouvernementaux et qu’il est « important d’avoir des systèmes impartiaux. » Toutefois, le brevet laisse ouverte la possibilité d’une vente à des fins non gouvernementales.

Emilie Dubois

Emilie Dubois, une fille dans l'informatique était mal vue à l'époque de mes études. C'est pour cette raison que l'on m'a cantonné à des rôles secondaires lors des travaux de groupe, notamment celui de centralisateur des informations. Ce rôle central, au final crucial, m'a plu. C'est comme cela que je suis devenue chef de projet. Plus tard, cette attirance pour l'information m'a poussé à suivre des cours de journalisme. Comme j'avais la propension de centraliser l'actualité technologique, un ami m'a dit un jour : «Emilie, tu peux le faire ». C'est comme cela que je me suis retrouvée embarquée dans l'aventure de linformatique.org. Vu mon boulot, ce sont surtout les nouvelles technologies qui m'intéressent le plus.

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