Économie

La Chine menace de punir Nokia et Ericsson si l’Europe n’adopte pas le réseau 5G de Huawei

Le régime chinois veut que ce soit votre entreprise qui soit choisie pour l’aménagement. Il estime que les pays européens pourraient suivre la même voie que le Royaume-Uni.

La Chine menace de punir Nokia et Ericsson si l'Europe n'adopte pas le réseau 5G de Huawei

L’impact de la décision du Royaume-Uni de ne pas faire confiance à Huawei et de la laisser de côté pour la pose de son réseau 5G sur son territoire semble avoir généré la fureur du régime chinois commandé par Xi Jinping.

Aujourd’hui, selon une enquête du Wall Street Journal, Pékin est déterminé à exercer des représailles contre les deux plus grandes entreprises européennes de technologie et de télécommunications, Nokia et Ericsson.

La menace de la Chine contre les démocraties occidentales est latente. Elle se concrétisera tant que l’Union européenne décidera de suivre la même voie que le gouvernement britannique et les États-Unis.

Le ministre chinois du Commerce évalue le contrôle des exportations des produits que les deux entreprises fabriquent sur le sol asiatique, ce qui ralentirait plusieurs de leurs opérations, car elles ne peuvent pas compter sur du matériel fondamental.

La semaine dernière, le gouvernement de Boris Johnson a ordonné aux opérateurs britanniques de cesser d’acheter du matériel à Huawei.

L’Union européenne en tant que bloc n’a pas encore interdit l’entreprise qui, selon la loi, est responsable devant le régime chinois, comme toutes les grandes entreprises chinoises qui ont un auditeur du Parti communiste chinois (PCC) dans leur conseil d’administration et qui a parmi ses pouvoirs l’accès aux données de l’entreprise.

Toutefois, en janvier dernier, l’UE a évoqué la possibilité de sanctionner les entreprises étrangères qui enfreignent les règles de sécurité. Le message était adressé à la société née sous l’égide de Pékin.

Le coup porté par le Royaume-Uni – qui ne fait plus partie de la communauté – est dans la même veine de méfiance que celle que génère Huawei dans le contexte d’une activité aussi sensible que le traitement des données en toute sécurité et fiabilité sur tout le continent.

L’Allemagne, le pays le plus important d’Europe – en volume économique -, devrait prendre une décision concernant la société paraétatique chinoise d’ici septembre.

Sa position n’est pas claire, bien qu’il y ait des craintes et des doutes sur la sécurité que ce réseau 5G remis en question pourrait offrir à ses utilisateurs.

Malgré les menaces contre Nokia et Ericsson, les actions des deux entreprises technologiques ont augmenté sans heurts sur les marchés boursiers.

La décision du Royaume-Uni

Le 14 juillet, le gouvernement britannique a annoncé mardi qu’il interdira aux opérateurs de télécommunications d’acheter de nouveaux équipements pour leurs réseaux 5G au groupe chinois Huawei à partir de la fin de cette année et imposera le retrait de tous les anciens équipements d’ici 2027.

En faisant cette annonce à la Chambre des Communes, le ministre de la Culture et du Numérique Oliver Dowden a justifié sa décision par « l’incertitude » causée par les sanctions annoncées en mai par Washington contre Huawei pour l’empêcher d’accéder aux semi-conducteurs fabriqués avec des composants américains.

Boris Johnson a décidé d'interdire l'utilisation du réseau 5G de Huawei par crainte de fuites de données qui pourraient tomber entre les mains du Parti communiste chinois.

« Pour être clair, à partir de la fin de cette année, les opérateurs de télécommunications ne doivent plus acheter d’équipements 5G à Huawei, et lorsque la loi sur la sécurité des télécommunications sera adoptée, il sera illégal de le faire », a-t-il déclaré.

Le fonctionnaire a annoncé cette mesure après une réunion du Conseil national de sécurité – composé de certains ministres et du procureur de l’État et présidé par le Premier ministre Boris Johnson – qui a annulé une autre décision de janvier autorisant Huawei à accéder aux parties non stratégiques du réseau 5G, estimant qu’il représentait un risque « gérable » pour la sécurité nationale.

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